Vous intéressez-vous aux affaires politiques?
       

       
         
         

Mimouna

      Bonjour Sissi,

J'ai été très heureuse et flattée de recevoir votre réponse, pour ce que vous m'avez dit (votre premier baiser avec votre mari). J'ai d'autres questions à vous poser. J'ai pu remarquer que vous étiez amie avec votre dame d'honneur la comtesse De Bellegarde. Était-ce vraiment votre amie ou une invention pour les films de la trilogie (Sissi)? Je voudrais savoir si vous vous intéressez aux affaires politiques de l'empire et si par exemple vous vous y intéressez est-ce que vous vous retiriez avec votre mari dans une pièce pour y travailler dans l'intimité?

Au revoir amicalement,

Mimouna
         
         

Impératrice Sissi

      Chère Mimouna,

Pour répondre à votre question, je dirais que la comtesse de Bellegarde (devenue Königsegg par son mariage) n'était pas spécialement mon «amie», mais qu'elle m'était tout au moins plus sympathique que la comtesse Esterhàzy, qui avait trois fois mon âge et qui se comportait avec moi comme une gouvernante avec une gamine récalcitrante. Toutes deux ont été placées près de moi par l'archiduchesse Sophie dès le jour de mon mariage, et cela suffisait pour que je me méfie d'elles. Bien que Paula Bellegarde ait été plus réservée envers moi que la comtesse Esterhàzy, je n'ai jamais vraiment pu m'attacher à elle - ni elle à moi d'ailleurs. Elle est toujours restée attachée au parti de l'archiduchesse Sophie. J'ai obtenu son départ en 1868 et l'ai remplacée par une dame de mon choix. Il m'a fallu près de 15 ans pour arriver à me constituer un entourage entièrement choisi par mes propres soins, mais j'y suis finalement parvenue.

Quant à la politique, dès le jour de mon mariage on m'a bien interdit de m'en mêler. C'était le domaine réservé de l'archiduchesse. J'ai néanmoins fait une exception pour la Hongrie. Ce noble peuple a conquis mon coeur dès 1857, lors de notre premier voyage officiel à Budapest. Ma petite fille Sophie est morte au cours de ce voyage, et jamais je n'ai oublié la sympathie et le respect que les Hongrois nous ont manifesté durant cette dure épreuve. J'ai appris la langue de ce pays, j'ai appris son histoire et je me suis mise à l'aimer. Le Compromis, qui a fait de l 'empire d'Autriche un empire austro-hongrois, est ma seule oeuvre politique. Je ne m'en suis jamais mêlée par la suite. D'ailleurs, la «politique» est un vain mot. Les hommes croient, dans leur orgueil, qu'ils dirigent événement, qu'ils influent sur eux alors que la plupart du temps, ce sont les événements qui les mènent et qui les surprennent. Le rôle des chancelleries dans tout cela est bien minime...

Amicalement,

Elisabeth