Votre siècle
       

       
         
         

Claude

      Bonjour Elisabeth, je te voue un grand respect mais j'aimerais savoir comment tu fais pour nous écrire de ton siècle! La Sissi que je connais moi ne sait pas faire ça, et est d'autant plus discrète sur sa vie. Elle ne dirait rien sur Marie-Valérie, sur Rodolphe, ou sur son amour à Franz! Enfin, dites-moi comment vous faites? Sissi ne connaissait pas internet! Une fille respectueuse.
         
         

Impératrice Sissi

      Chère âme du futur,

La Sissi que vous connaissez est sans doute beaucoup plus introvertie que je ne le suis en réalité! Que savez-vous de mes prédispositions à me confier? Pourquoi ne vous parlerais-je pas de Valérie, de Rodolphe, de Franz? J'ai accepté de correspondre avec les âmes du futur lorsque je fus contactée par M. Sinclair Dumontais, c'est donc pour répondre aux questions qui me seraient posées, et non pour répondre invariablement que telle ou telle question est trop personnelle!

L'internet - que je ne connais pas vraiment, je ne m'en sers que pour communiquer avec les âmes du futur via M. Dumontais et Dialogus, tel que je l'expose dans ma lettre d'acceptation - me permet une chose: communiquer avec vous, sans que mes contemporains n'en sachent rien! N'est-ce pas merveilleux? Je peux m'épancher comme jamais je n'ai pu le faire dans un journal, de crainte qu'il ne soit découvert, ou dans ma correspondance qui risquerait d'être mal interprétée. Seule ma mère a eu droit à des confidences telles que celles que je fais à mes correspondants sur Dialogus, mais sa peur de sa soeur - ma belle-mère - l'empêchait de m'apporter le réconfort que je recherchais. Je me suis également confiée autrefois à ma soeur Marie, mais je l'ai bien regretté par la suite... Voilà donc la raison de cette discrétion et de cette solitude que vous observez si justement: tout le monde à qui j'ai pu me confier, à qui j'ai accordé peu ou prou ma confiance, a fini par me trahir (mises à part mes chères Hongroises). Mais des âmes du futur, je ne crains rien car je sais qu'elles me rendront justice.

Ainsi donc, chère âme, ne craignez pas de m'écrire. Si vous connaissez ma vie aussi bien que vous le dites, vous devez savoir que je suis une épistolière invétérée, et que la correspondance entre moi et Franz pourrait à elle seule faire fonctionner un service postal! J'attends donc vos lettres et me ferai un plaisir d'y répondre.

Amicalement

Elisabeth