Sylvain
écrit à




L'Impératrice Sissi






Votre famille de Bavière



Chère Sissi,

Je me présente, je m’appelle Sylvain et je suis votre fan Français.

Ma question est la suivante: pouvez-vous me parler de votre mère, la duchesse Ludovica, née princesse royale de Bavière? Comment était-elle avec vous? Quelles relations aviez-vous avec elle? Quels étaient ses loisirs? Comment était-elle en vrai? Je sais quelle était amoureuse de don Miguel de Bragence, prince du Portugal qui, ironie du sort, a marié l'une de ses filles, Marie-Josée, avec votre frère Charles Théodore, qui est surnommé Petit coq.

Merci de bien de vouloir me répondre.
Bien a vous,

Sylvain


Cher Sylvain,

Ma mère était d'une très grande beauté dans sa jeunesse et il est vrai qu'il y a eu une idylle entre elle et le prince Miguel de Bragance. Cependant, comme il ne semblait pas à cette époque qu'il dût monter sur le trône du Portugal, son père, Maximilien Ier, l'a vite écarté de ma mère afin de lier les deux branches des Wittelsbach. Je crois que ma mère s'est remise très vite de ce «chagrin d'amour»; elle était si jeune! Et je suis bien placée pour savoir juger de la profondeur des sentiments d'une enfant d'environ quinze ou seize ans!

Ma mère aimait beaucoup le jardinage, elle adorait ses chiens -des loulous blancs, contrairement à moi qui n'aime que les très grands chiens- et elle collectionnait les montres. Elle s'intéressait également à la géographie, même si mon père raillait quelque peu cette «marotte» en disant qu'elle puisait ses connaissances dans les almanachs et les récits de voyageurs.

Nous avions une très belle relation. Ma mère adorait d'ailleurs tous ses enfants, avec une prédilection justement pour Charles Théodore (Gackerl), qui a épousé Marie-José du Portugal. D'ailleurs, Marie-José est une femme d'une douceur et d'une intelligence remarquables, exactement la femme qu'il fallait à mon frère. J'ai beaucoup d'amitié pour elle et nos rencontres sont toujours agréables. Ma mère est décédée en 1894, à l'âge respectable de 83 ans, au terme d'une maladie qui lui avait volé une partie de sa mémoire depuis déjà quelques années. Nous l'entourions de tendresse, car elle n'avait guère été heureuse, ma pauvre Mimi. Elle disait souvent que mon père n'avait commencé à se montrer bon envers elle qu'à partir de leurs noces d'or...

Amicalement,

Elisabeth