Votre époux
       

       
         
         

Kara

      Ma chere Sissi,

Vous êtes la seule impératrice que j'admire tellement!!! Vous êtes une femme qui a beaucoup souffert mais on ne pas nier que vous aviez un charmant époux et 4 merveilleux enfants qui vous aidaient à surmonter vos peines.

Je voulais savoir si vous communiquez toujours avec votre cher époux l'empereur François Joseph? Est-ce qu'il vous manque?

Merci de me répondre et je vous embrasse très très fort.

Kara
         
         

Impératrice Sissi

      Bonjour chère Kara,

Vous êtes très gentille, mais qu'y a-t-il donc de si «admirable» chez une pauvre femme qui court les routes du monde à la recherche d'une paix inaccessible? Je vous remercie quand même de votre gentillesse; la seule chose qui me surprenne encore, c'est lorsque l'on dit du bien de moi...

Oui, j'ai beaucoup souffert. Mais lorsque vous dites que j'avais 4 merveilleux enfants comme consolation, je dois vous contredire. Malheureusement, 3 de ces 4 merveilleux enfants ont justement été la cause de mes plus grandes souffrances, car ils m'ont été arrachés pratiquement à leur naissance et ma petite Sophie est morte dans mes bras à l'âge de 2 ans. La maladie m'a forcée à m'éloigner alors même que je venais de récupérer un certain droit de regard sur l'éducation de Gisèle et de Rodolphe. Puis, il y a eu la mort terrible de Rodolphe en 1888... Oui, mon époux m'a aidée en m'entourant toujours d'une grande tendresse, mais nous n'avons malheureusement jamais eu beaucoup de points en commun mis à part notre amour de la nature. Mon intérêt pour la poésie, l'art ou les langues étrangères lui semblaient des «promenades dans les nuages» qu'il considérait avec agacement, et une certaine incompréhension s'est installée entre nous. Avec les années, toutefois, nous avons appris à nous accommoder de nos travers respectifs, et nous nous écrivons presque quotidiennement pendant mes voyages. Je lui parle des endroits que je visite et je prends grand soin de traiter de sujets terre-à-terre.. il me répond invariablement en me donnant son emploi du temps, en me parlant du temps qu'il fait à Vienne et en me donnant des nouvelles de l'Amie. En fait, ma grande consolation m'est venue de ma dernière fille, Marie-Valérie, née en 1868. Mais depuis son mariage, je la vois très peu, malgré ses tentatives de me retenir longtemps près d'elle lorsque je vais la visiter. J'ai trop souffert de l'immixtion de ma belle-mère dans mon propre mariage pour m'imposer chez elle, même si je m'y sens bien. Le nid des hirondelles n'est pas fait pour la mouette errante...

Amicalement,

Elizabeth