Vos grossesses
       

       
         
         

Louise

      Ma chère impératrice

Je m'intéresse à votre vie. J'ai lu des biographies et j'aimerais savoir si les médecins étaient très présents à l'époque, s'ils vous examinaient intimement, si oui, était-ce souvent? Sinon, comment vous êtes-vous aperçue de vos grossesses et qui était présent(e) lors de vos accouchements?

Je m'excuse pour ces questions indiscrètes, mais j'aimerais savoir.

Merci d'avance

Louise
         
         

Impératrice Sissi

      Chère Louise,

Vous qui portez le même prénom que ma chère mère (eh oui, «Ludovika» est la version allemande de «Louise», et ma mère utilisait très souvent son prénom «à la française»), vous me posez là une bien étrange question. Comment me suis-je aperçue de mes grossesses? Mais par l'arrêt de mes règles, tout simplement! L'arrêt de mes règles, additionné à des étourdissements, évanouissements et nausées, et il était très clair pour tout le monde - y compris pour moi - que j'étais enceinte. Dès les premiers symptômes, ma belle-mère s'empressait d'ailleurs de conseiller à Franz de me «ménager» totalement... vous comprenez probablement ce que signifie ce doux euphémisme.

Curieusement, à une époque où les médecins ont tendance à examiner très (trop) souvent les femmes dans leur intimité (la moindre maladie étant habituellement imputée à un «malaise féminin»), ils sont singulièrement absents durant toute la durée de la grossesse et ils sont même rarement présents lors d'une naissance. Dès lors que la mère semble en santé, la grossesse et l'accouchement sont l'affaire de la sage-femme, et le médecin ne vient que s'il y a complications. Pour ma part, j'étais si jeune et si timide lors de mes trois premières grossesses que l'idée d'être examinée par un homme m'effarouchait terriblement. Ma pudeur était extrême, et dans cette société qui poussait de hauts cris indignés devant ma baignoire, on ne comprenait pas ma réticence à me laisser examiner sur toutes mes coutures. «Cette petite fait bien des manières», disait ma belle-mère...

Amicalement,
Elisabeth