Lætitia
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

Vos cheveux la nuit

    Chère Impératrice Élisabeth,

Je me nomme Lætitia. On m'a expliquée que, pour dormir; vous n'attachiez pas vos cheveux mais que vous les disposiez délicatement autour de vous.

Est-ce vrai?

Votre plus fervente admiratrice, Tia.

Chère jeune âme,

Humm… Voilà qui serait une excellente façon d’avoir tous les matins les cheveux bien lisses et dénués de tout emmêlement… Mais avouez que ce serait me condamner à une douloureuse immobilité! Moi qui suis la «bougeotte» incarnée, qui ne suis bien nulle part, me croyez-vous vraiment capable de demeurer ainsi, sans bouger, toute la nuit? Au contraire, je vous assure que le matin, mon lit est un véritable capharnaüm, surtout lorsque ma sciatique me tient éveillée une partie de la nuit! Heureusement, les femmes de chambres n’ont pas trop à se battre avec les draps, puisque je dors dans un simple lit en fer que l’on replie et qu’on range dans une sorte de boîte tous les matins.

Évidemment me direz-vous, je n’avais pas ces habitudes lorsque j’étais plus jeune. C’est vrai. Mais à cette époque comme aujourd’hui, je faisais et je fais encore la même chose que toutes les femmes de ma génération: je tresse mes cheveux dans une longue natte bien serrée tous les soirs, et on la défait chaque matin pour démêler et «rebâtir» ma coiffure en forme de couronne. Ce sont les doigts de fée de Fanny Angerer qui sont exercés à cet art, et je ne saurais me passer de ma coiffeuse. À tel point que je refuse de paraître lorsqu’elle est malade! Lorsqu’elle a quelque motif de fâcherie contre moi, elle n’a qu’à bouder et à m’envoyer une femme de chambre. Après quelques jours à être coiffée de la sorte, je deviens complètement malléable. Chacun le sait et attend ma capitulation, et je finis par céder à ce que Fanny désire! C’est une véritable sujétion, je suis l’esclave de mes cheveux.

Amicalement,

Élisabeth