Vos cheveux
       

       
         
         

Dopichon

      Chère Impératrice,

Je vous remercie d'avoir pris le temps de répondre à mes précédentes questions. Cependant je souhaiterais savoir une chose: quelle est donc la taille exacte de vos cheveux? Combien de temps vous faut-il pour les coiffer chaque jour?

Je vous remercie de votre réponse.
Cordialement.
         
         

Impératrice Sissi

      Chère jeune amie,

On me questionne souvent à propos de ma chevelure. C’est vrai qu’ils ont été un peu comme ma «carte de visite» pendant bien des années, et que même mes sœurs ont tenté de copier ma coiffure en couronne nattée au-dessus de la tête. Celle qui y est le mieux parvenue est Sophie, ma sœur la duchesse d’Alençon. Sa chevelure était assez saine et épaisse pour se prêter à ce genre de coiffure. Quand je pense qu’elle avait demandé, par testament, que sa chevelure soit coupée et entièrement brûlée à sa mort… Elle ne s’imaginait guère, la pauvre, que cette volonté allait s’accomplir par l’incendie du Bazar de la Charité…

Pour en revenir à ma propre chevelure, elle était évidemment plus longue et plus épaisse dans ma jeunesse. Jusqu’à quarante ans, elle me descendait au moins jusqu’aux talons, leur entretien quotidien me prenait au moins trois heures par jour, et il fallait une journée entière pour les laver! Ils sont encore très longs, ils descendent au moins jusqu’à l’arrière du genou, et je n’ai pratiquement pas de cheveux blancs… à moins que ma coiffeuse Fanny ne les ai fait habilement disparaître! Il me faut toujours une journée entière, toutes les trois semaines, pour les laver, mais leur brossage et nattage quotidien prend désormais un peu moins de temps. Je profite de ces longues heures pour me faire faire la lecture. C’est tout ce qui survit de ma beauté passée, ma chère enfant. Mon visage est fané, ridé, je le cache autant que je le peux derrière voilettes, ombrelles ou éventails. Il ne reste que ce vestige du temps où je vivais, dernière vanité d’une femme vieillissante et solitaire. Vanité des vanités…

Sincèrement,

Elisabeth