Vanessa dite «Sissi»
écrit à




L'Impératrice Sissi






Un surnom commun



Chère Sissi,

Il est bien rare que j'appelle une personne par le même surnom que le mien... Et oui, nous portons le même surnom!

Je n'ai jamais vraiment su pourquoi on m'a toujours appelée ainsi et je ne sais pas si c'est parce que l'on se ressemble sous certains angles (comme les voyages) mais quoiqu'il en soit, j'en suis fière car cela nous rapproche toutes les deux.

Vous faites partie (à mes yeux) des personnes qui sont parties trop tôt alors qu'elles avaient encore tant de choses à faire. Il semblerait que les personnes les plus admirables soient celles qui partent avant toutes les autres. Hélas, c'est comme ça.

Je me doute que vous devez avoir mieux à faire que de lire pareilles bêtises d'une adolescente, mais pouvoir correspondre avec vous me fait du bien. Je vais donc m'arrêter là.

J'espère toutefois recevoir une réponse de la part de ma jumelle de surnom.

Très respectueusement et foudroyée d'admiration.

Vanessa ou une autre «Sissi»


Chère Sissi, puisque Sissi il y a...
 
Je ne considère pas être «partie trop tôt», ainsi que vous le dites. Votre admiration est certes très flatteuse et réconfortante pour moi, mais à l'aube de mon 61ème anniversaire, le temps me pèse horriblement. Je ne souhaite qu'une chose, quitter ce monde le plus tôt possible, sans faire de bruit, et que mon âme s'envole par une petite ouverture du cœur... Depuis que la Dame Blanche s'est bien installée dans mon entourage, soit depuis la mort de Louis II de Bavière en 1886, il ne se passe guère d'années sans qu'elle ne m'enlève quelqu'un. Tout comme la reine Victoria, je vois s'amoindrir d'année en année le nombre de personnes autorisées à m'appeler par mon prénom. Tout ce que je souhaite, ce que j'espère le plus au monde, c'est de ne pas survivre à l'empereur. J'appréhende terriblement les bouleversements qui ne manqueront pas de soulever l'empire, constitué de tous ces groupes ethniques disparates que seul le respect qu'inspire François-Joseph tient encore ensemble. Tout comme mon fils Rodolphe l'a suggéré dans une lettre écrite la veille de sa mort, j'ai moi aussi conseillé vivement à ma fille Valérie de quitter l'Autriche dès que son père aura fermé les yeux. J'espère seulement ne plus être là pour constater si mes pressentiments sont fondés.

Amicalement,
 
Elisabeth