Emilie
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

Une femme remarquable

    J'ai pu lire un jour dans un magazine, qu'il existait un hôtel à Vienne où l'on peut vivre comme à votre époque. Avec les calèches et surtout avec vos magnifiques robes! En regardant les SISSI avec Romy Schneider, je faiblis devant vos magnifiques robes. Étiez-vous heureuse avec Franz? Et votre belle-mère ne vous aimait pas, n'est ce pas? Et votre fille, dans le film elle s'appelle Gisèle? Je vais garder votre adresse e-mail dans mon répertoire car vous êtes mon idole, une femme remarquable. Le palais de Schönbrunn est comment à l'intérieur? AU REVOIR ET À BIENTÔT.

Emilie



Chère Émilie,

Merci pour votre gentille lettre. Oui, le palais de Schönbrunn est très beau à l'intérieur. La Grande impératrice Marie-Thérèse, comme beaucoup de souverains européens, a voulu son «petit Versailles» bien à elle, et l'ensemble est fort réussi. Ce fut longtemps mon château préféré, avant que Franz m'offrît la Villa Hermès, à Lainz. Davantage une villa qu'un château, cette demeure est faite à l'échelle humaine, et son accès direct au parc de Lainz, sur lequel donne notre salle à manger, m'enchante particulièrement.

Franz et moi n'avons guère été heureux ensemble, ma chère enfant. Je suis désolée de détruire ainsi vos rêves, mais je crois que les films que vous avez vus ne reflètent guère la réalité. Les tensions autour des enfants à cause de ma belle-mère, les guerres, la maladie, la mort de notre fils Rodolphe... Franz n'a jamais cessé de m'adorer, depuis ce jour d'août 1853 où il a eu le coup de foudre pour une jeune fille à peine sortie de l'enfance. J'ai cru pouvoir l'aimer autant qu'il m'aimait, mais mon amour d'adolescente n'a pas résisté aux épreuves. Nous sommes désormais liés par une grande tendresse qui me tient lieu d'amour. Je tiens à lui, il est la dernière personne sur terre que je désirerais chagriner, mais de là à parler de «bonheur»...

Nous avons, en effet, une fille nommée Gisèle qui a été élevée par ma belle-mère. Ma belle-mère, en effet, ne m'aimait pas: je n'étais pas celle qu'elle avait choisie pour son fils, et je n'ai jamais pu me conformer à l'image qu'elle se faisait d'une impératrice. Nous avons donc été en conflit permanent jusqu'à sa mort, en 1872. Gisèle s'est mariée, tout comme moi, à seize ans et elle demeure en Bavière. Elle a des enfants et des petits-enfants, ce qui fait de moi une arrière-grand-mère! Mon autre fille, ma chérie, la seule qu'on m'ait laissée, ma Valérie née en 1868. Elle est mariée depuis quelques années, et a déjà quatre enfants.

Amicalement,

Élisabeth