Pierre
écrit à




L'Impératrice Sissi






Une de vos descendantes



Bonjour Majesté!

J'ai toujours été un grand admirateur de votre personne, tant votre caractère est frappant et votre beauté infinie! Je suis lycéen au lycée Dupliex à Landrecies et j'ai appris, il y a deux jours, qu'une professeur d'allemand du nom de Marie Vallet, se dit être une de vos descendantes!

Afin de m'éclairer sur ce sujet qui m'intrigue tant, j'espère que vous répondrez à mon message.

Merci,

Pierre


Cher Pierre,

Décidément, tout le monde semble s'être donné le mot, je n'ai jamais reçu autant de demandes d'informations concernant ma descendance que depuis ces dernières semaines. Je vous recopierai donc textuellement une réponse que j'ai adressée tout dernièrement à une autre de mes correspondantes:

J'aimerais bien vous aider, mais comme je vous écris, bien vivante, directement depuis l'année 1898, il m'est malheureusement impossible de vous renseigner sur ma descendance vivant à votre époque. Ma descendance vivant à ma propre époque est déjà fort nombreuse, et si vous partez de là dans vos recherches, peut-être trouverez-vous quelque chose.

Ma descendance à partir de mon fils Rodolphe est facile à résumer. Au moment où je vous écris, sa fille, Élisabeth (que nous surnommons «Erszi», diminutif hongrois de «Erszebet») est une belle jeune fille de quinze ans qui s'apprête à faire ses débuts à la Cour. Sa grande beauté –ainsi que son ascendance prestigieuse, ne nous le cachons pas – lui gagneront probablement de nombreux prétendants. Mais pour l'instant, elle n'est pas encore mariée.

Ma benjamine Marie-Valérie ne s'est mariée qu'en 1890 avec François-Salvator, un Habsbourg de la branche toscane. Ses enfants sont donc bien jeunes; elle en a présentement quatre, mais je crois qu'elle en aura bien d'autres puisqu'elle semble ravie d'être entourée d'une nuée d'enfants… Enfin, si le fait d'être transformée en pondeuse lui plaît… Sa petite Élisabeth, surnommée «Ella» pour la distinguer de «Erzi», est née le 27 janvier 1892. François-Salvator est né le 17 février 1893, Hubert Salvator le 30 avril 1894 et la petite Hedwige, qui a fait mes délices lors de mon dernier séjour chez ma fille, est née le 24 septembre 1896. C'est de ma fille Gisèle, mariée depuis 1873 au prince Léopold de Bavière, que ma descendance est la plus nombreuse au moment où je vous écris. Ma première petite-fille, prénommée comme moi Élisabeth, est née le 8 janvier 1874, suivie d'Augusta le 28 avril 1875, de George le 2 avril 1880 et de Konrad le 22 novembre 1883. Ma petite-fille Élisabeth, mariée au comte de Seefried, a donné naissance à mon arrière-petite-fille Gisèle le 4 janvier 1897 et à Élisabeth (les Élisabeth sont légion dans la famille!) le 10 juin 1897. Augusta, qui a pourtant été la première à se marier avec le comte palatin Joseph de Hongrie en 1893, a eu son premier enfant la même année que sa soeur Élisabeth, et a donné naissance à un petit Joseph François le 28 mars 1895. Elle a également une fille, prénommée Gisèle, depuis le 5 juillet 1897. J'espère que ces renseignements vous aideront à diriger vos recherches afin de découvrir par quelle voie votre professeur se trouve être ma descendante. J'en profite pour vous remercier de votre gentil compliment. Seuls les compliments des âmes du futur me semblent sincères car, contrairement aux courtisans qui m'abreuvent de leurs louanges, vous au moins ne cherchez pas à obtenir quoi que ce soit en échange. 

À mon époque, chaque sourire veut être payé, chaque salut a son but. Votre gentillesse est d'autant plus rafraîchissante qu'elle émane d'un coeur désintéressé. Je vous en remercie.

Amicalement,

Élisabeth