Flore
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

Un cadeau un peu spécial

    Votre Majesté,

Savez-vous que, il y a quelques années, un dessin animé est apparu à l'écran, parlant de vous et de Franz, mais bien trop romancé, car vous y êtes comme Roméo et Juliette? Je joins à cette lettre l'un des génériques de ce dessin animé, car je trouve que, telle que vous y êtes décrite, cela vous ressemble bien. Ce n'est pas un cadeau banal et concret, mais j'espère qu'il vous fera plaisir.

Respectueusement,

Flore

Si simplement Sissi

On dit de moi que je suis rebelle
Aussi docile qu'un cheval sauvage
Quand je refuse les robes de dentelles
Et que j'aime pas les oiseaux en cage

On dit de moi que je suis entière
Qu'en écuyère j'ai l'air d'un garçon
Qu'en fleur de lys j'aime mieux la bruyère
Et qu'à la cour j'ai pas la passion

Pourtant dans mon pays doré (la Hongrie)
Là où le coeur commande
Je suis tout simplement Sissi

Laissez moi rester moi-même
(si simplement) Sissi
Et la raison d'État sera la raison du coeur
Je vous donne tous les diadèmes
(si simplement) Sissi
Pour une maison de bois si elle rime avec bonheur

On dit de moi qu'il faut tout m'apprendre
Les bonnes manières et les faux sourires
L'art de me perdre dans les méandres
Du protocole comme triste à en mourir
Pourquoi faut-il tout compliquer
Agir toujours sur commande
Chercher comment dire merci

Laissez moi rester moi-même
(si simplement) Sissi
Et la raison d'État sera la raison du coeur
Je vous donne tous les diadèmes
(si simplement) Sissi
Pour une maison de bois si elle rime avec bonheur

(Oh laissez-moi rester tout simplement)
Laissez-moi, oh laissez-moi rester moi-même...
(Sissi... Sissi... Sissi... Sissi... Sissi...)



Chère Flore,

J'ai souri en lisant votre lettre, car j'ai déjà reçu une lettre d'un autre correspondant qui vouait la série dont vous me parlez — et sa chanson ! — aux gémonies. Je crois en effet, à ce que l'on m'a rapporté, que cette série vous présente une image idyllique et complètement déphasée de ma vie.

Des paroles de cette chanson, je retiens cependant la strophe qui dit «On dit de moi qu'il faut tout m'apprendre, les bonnes manières et les faux sourires, etc.» Cela reflète parfaitement mes premières années à la Cour d'Autriche, lorsque ma belle-mère disait en pinçant les lèvres: «Cette petite ne sait pas présenter son verre pour un toast.» Je le sais maintenant. Et alors?

Amicalement,

Élisabeth