Élisabeth et Océane
écrit à




L'Impératrice Sissi






Projet scolaire (2)



Chère Impératrice Sissi,

Nous nous prénommons Océane et Élisabeth, nous sommes âgées de treize ans. Depuis, que nous sommes petites, nous avons toujours voulu connaître votre histoire. Il y a eu un film qui est sorti sur vous, que nous avons vu mais dont nous n'avons pas tout compris. Alors, nous nous en référons à vous, pour pouvoir avoir quelques détails sur votre histoire. Nous nous sommes renseignées sur internet, mais souvent les informations ne sont pas exactes. Il est vrai que nous ne connaissons pas trop votre histoire, et que vous pourriez vous demander pourquoi nous vous écrivons alors que nous ne connaissons rien de vos exploits, de vos défaites, de votre vie. Pour nous, vous êtes un personnage «mystérieux» car la première fois que nous avons entendu parler de vous, votre nom est resté gravé dans nos mémoires. Et, à chaque fois que votre nom nous revenait, nous avions l'impression (nous l'avons toujours d'ailleurs), de nous trouver face à un «secret» non dévoilé. Avez-vous vraiment existé, qui êtes-vous, pourquoi êtes-vous connue? Étiez-vous un danger pour la communauté ou étiez-vous un bienfait de la nature pour votre peuple? Pourriez-vous nous éclairer?

Sincèrement,

Élisabeth et Océane


Chères Élisabeth et Océane,

Au moment où je vous écris, nous sommes en 1898, et je suis toujours bien vivante... bien malgré moi, sachez-le. La vie a laissé tellement de traces sur moi, les guerres, les deuils, que je ne cesse de réclamer que vienne mon tour...

Je voudrais bien vous aider, mais en l'absence de question bien précise de votre part, je ne peux définitivement pas vous faire un récit exhaustif de ma vie, ce qui me prendrait certainement quelques heures! Vous m'éviteriez ce fastidieux exercice en relisant plusieurs de mes lettres par ce même média de Dialogus où vous m'écrivez aujourd'hui. Vous y retrouverez certainement bien des informations sur mon mariage (choisie à quinze ans par l'Empereur d'Autriche à la place de ma sœur Hélène), sur mes enfants -«enlevés» par ma belle-mère, sauf ma dernière fille, ma chérie Valérie, née en 1868- sur mon œuvre poétique et mon œuvre politique -le «Compromis» de 1867 qui a fait de notre empire d'Autriche l'empire d'Autriche-Hongrie, cette Hongrie, terre chérie, pour laquelle je me suis prise d'affection dès les premières années de mon mariage. Vous y retrouverez également beaucoup de renseignements sur ce mal de vivre qui m'habite depuis mon arrivée à Vienne, cette vie de cour, de représentation et d'hypocrisie à laquelle je n'ai jamais pu me faire, et qui a même failli me tuer!

Je ne suis certainement pas un «danger» pour ma communauté, chères jeunes amies, mais je vous assure que la plupart de mes contemporains ne me considèrent en rien comme un «bienfait». Pour tous, je ne suis qu'une souveraine qui fuit ses devoirs, qui manifeste une préférence honteuse pour une province jadis révolutionnaire (la Hongrie) plutôt que les régions de Bohême qui ont toujours été fidèles, qui délaisse son époux...

Si, après avoir relu certaines de mes lettres sur Dialogus, vous avez toujours des interrogations, revenez-moi avec des questions bien précises, chères enfants. Il me fera alors grand plaisir de vous répondre.

Sincèrement,

Élisabeth