Position de la famille impériale d'Autriche
       

       
         
         

Micha

      À Sa Majesté l'Impératrice Élisabeth d'Autriche,

Chère Élisabeth,

J'avais à peine 12 ans lorsque j'ai commencé à lire les différentes biographies relatant votre existence depuis Possenhofen jusqu'à ce jour de septembre 1898 qui devait venir enfin vous soulager et vous libérer de votre cage dorée. Votre vie a été un enchevêtrement de drames et de deuils. Sans aucun doute, le drame de Mayerling a dû vous affecter beaucoup plus que personne ne saurait l'imaginer. Mais depuis plus de 20 ans maintenant je m'interroge sur une question: que s'est-il véritablement passé à Mayerling dans la nuit du 29 au 30 janvier 1889?

Sans vouloir ouvrir un profond souvenir douloureux et sans vouloir vous manquer de respect, permettez-moi de douter de tout ce qui a pu être dit ou écrit à ce sujet. Je ne crois pas que Son Altesse Impériale se soit délibérément enlevé la vie en compagnie de la baronne Vetsera. Je crois pour ma part que Son Altesse a été victime d'un complot et qu'il a été assassiné.

Plus de 112 ans après ce drame tragique, je me demande aujourd'hui ce qu'on en pense dans la famille impériale. Croit-on encore à la version officielle qui voulait qu'il s'agisse d'un suicide? Et de l'avis de Votre Majesté, Rodolphe aurait-il pu poser un tel geste?

J'espère que ma curiosité ne vous choquera pas Élisabeth et que vous accepterez de répondre à ma question.

Je vous prie d'accepter, Élisabeth, l'expression de mon plus grand respect.

Micha
         
         

Impératrice Sissi

      Bonjour ma chère âme,

Je n'ai pas répondu rapidement à votre question, j'étais en Suisse, quel beau pays.

Votre question me touche beaucoup. Et elle ne sera pas sans conséquences. Comment vous répondre simplement?

Mon unique fils était un être intelligent et très libéral. L'héritier de la couronne d'Autriche était un républicain. Évidemment la noblesse et la cour ne voyaient pas cela d'un bon oeil. Il a fait un mariage malheureux avec une femme qui n'était pas à sa hauteur. Voilà le portrait général de mon fils. Il ne s'est pas tué, jamais Rodolphe n'aurait commis un tel acte. Trop longtemps la vérité fut cachée par une vulgaire histoire d'amour! Je vous expose les faits pour réhabiliter la mémoire de mon fils.

Personne n'a jamais parlé jusqu'à maintenant puisque l'Empereur a fait jurer à tous de taire les preuves du meurtre. Pourquoi? Les enjeux politiques étaient trop grands, la monarchie était en danger et mon époux, une fois de plus, a placé la monarchie avant sa famille.

Le comte Taafe qui possédait le dossier contenant tous les renseignements du meurtre fut brûlé dans l'incendie de son château et la 2e copie fut volée. De plus Rodophe savait qu'il allait être assassiné il avait également confié à son oncle Charles-Louis que ses jours étaient comptés et qu'il allait être assassiné parce qu'il savait trop de choses.

Mon fils a lutté contre ses bourreaux, il avait une main sectionnée lorsqu'il est mort et plusieurs personnes ont touché ses mains. S'il s'était vraiment tué par balle pourquoi ses mains seraient-elles blessées? Son corps était couvert de plusieurs blessures et même son fidèle cocher Bratfisch a avoué que le suicide n'était pas la cause de la mort du prince.

À Mayerling mon époux a fait ériger un couvent. Les Carmélites savent très bien que ce n'est pas un suicide. En 1889, le 12 février, le Prince de Galles écrit ceci à sa mère la reine Victoria «Vous me dites que Lord Salisbury est certain que ce pauvre Rodolphe et cette malheureuse jeune fille ont été tués...» Le beau-père de Rodolphe écrit à son frère le mot suivant «Le suicide et la folie étaient les seuls moyens d'éviter un scandale inoubliable dont je ne puis confier les détails à ma lettre mais que je vous narrerai tous en détail samedi. Votre frère Léopold».

C'est tout ce que je peux vous dire pour l'instant. L'Empereur avouait parfois «la vérité est encore plus grave que tout ce qu'on a pu dire»...


Élisabeth