Monsieur Hènu Jacky
écrit à




L'Impératrice Sissi






Pas de réponse sur plusieurs sujets envoyés



Je vous ai adressé des questions à plusieurs reprises et je suis très étonné de n'avoir jamais eu aucune réponse. À croire que mes questions sont gênantes pour vous! Mais je ne désespère pas et suis fidèle, malgré tout, à votre site (du moins pour l'instant en attendant un signe de vous!). Jouons au jeu des mille bonbons à la violette de chez Demmel! et d'énormes parts de la Schokoladentorte de chez Sacher! Je suis tout à vos pieds.

Jacky


Cher Monsieur Jacky,
 
Je crois bien ne pas avoir de courrier en retard, pourtant! Mille excuses si certaines de vos lettres sont demeurées sans réponse. Si vous le pouvez, donnez-moi le titre de ces lettres et je verrai avec ma chère Ida ce qu'il a bien pu en advenir.
 
Je tente de répondre en moyenne à une ou deux lettres par semaine. Comme je suis souvent en voyage, ma correspondance quotidienne me prend beaucoup de temps. J'écris tous les jours à Franz, très souvent à ma fille Valérie, un peu moins à ma fille Gisèle, sans compter le reste de la parentèle, ma famille de Bavière, certains archiducs et archiduchesses... Avec ces derniers, je n'entretiens que des liens plutôt lâches, je l'admets, mais j'ai parfois de bons contacts avec ma belle-soeur Marie-Thérèse qui me remplace lors des réceptions officielles ou avec l'archiduc Ferdinand, maintenant héritier de l'empire, qui vit présentement un amour contrarié avec une simple comtesse... Cela occupe la plupart de mes matinées, et comme ma correspondance avec les âmes du futur ne doit pas être connue de mon secrétaire, je dois attendre d'être seule ou en compagnie uniquement d'Ida Ferenczy pour y procéder.
 
Soyez assuré, cher monsieur, que même les administrateurs de Dialogus n'hésitent pas à me rappeler à l'ordre, lorsque ma correspondance s'accumule. Mais il m'arrive parfois de me sentir si paresseuse que l'idée même de faire un effort m'épouvante. Ma pauvre mère en était parfois découragée. Que ne donnerais-je aujourd'hui pour connaître encore une fois les douces remontrances de ma chère Mimi?...
 
Amicalement,
 
Élisabeth


Quel immense plaisir d'avoir une réponse de votre part je n'y croyais plus! Mais je comprends que vos journées soient très chargées et qu'il est difficile de contenter tout le monde! Je me permets donc de vous reposer la question qui a été malencontreusement égarée: je voudrais savoir quelles étaient vos relations avec le régent Luitpold, père de Léopold le mari de votre fille Gisela quand on sait qu'à la mort de votre cousin regretté Ludwig, vous le saviez très bien, il avait une grande responsabilité dans cette affaire! .

Je vous remercie à l'avance et serai patient pour la réponse je vous le promets! Je suis allé à Posenhofen plusieurs fois et je comprends pourquoi vous aimez cet endroit!

Avec mon plus profond respect.
un humble admirateur, Jacky


Cher Jacky,
 
Votre gentillesse me fait chaud au cœur. Il est rare, à mon époque, que je rencontre autant d'affection hors de mon cercle immédiat. La seule chose qui me surprenne encore, c'est lorsque l'on dit ou écrit du bien de moi!
 
Je refuse catégoriquement de rencontrer le prince-régent. Pour moi, il demeurera à jamais l'assassin de mon cousin, celui qui l'a poussé au désespoir. Traiter Louis comme on l'a fait (enfermé à Berg, avec des barreaux à ses fenêtres, enlever tous les couteaux...)! On l'a traité comme un véritable dément. Chuter du statut de roi -et encore, de roi au sens où l'entendait Louis! - à celui de prisonnier d'un docteur Gudden... Luitpold n'aurait pu faire pire s'il avait poussé lui-même Louis dans le lac.
 
Évidemment, cela pose quelques problèmes dans mes relations avec Gisèle et je ne la visite que lorsque je suis certaine que Luitpold n'est pas à Munich. Je préfère nettement qu'elle vienne elle-même me visiter afin d'être certaine de ne pas croiser cet homme. Mon entêtement à le fuir a même réussi à me brouiller avec mes frères, surtout Gackel qui, encore aujourd'hui, tient la folie de Louis pour avérée. Il se drape dans son statut de médecin... Oui, mon frère est un brillant médecin... Spécialiste des yeux!  Est-ce que cela lui permet de diagnostiquer la démence pour autant?  Mais comme il s'agit de mon frère préféré, et que je ne puis douter de sa réelle affection pour notre pauvre Louis dont il a longtemps été le meilleur ami, ce froid n'a heureusement pas duré. Mais en ce qui concerne le prince-régent, malgré toutes ses tentatives de rapprochement et l'intercession même de mon propre époux (mon entêtement crée des problèmes diplomatiques, paraît-il), jamais je ne reverrai cet homme, celui qui a tué le roi des Rêves, l'Aigle des montagnes.
 
Amicalement,
 
Élisabeth