Guy
écrit à




L'Impératrice Sissi






Nouvelles



Très chère aïeule,

Je suis le petit-fils d'Hedwige, votre petite-fille. Via le site Dialogus, j'ai encore appris plusieurs traits de votre caractère et faits de votre vie.

Je profite de l'occasion pour vous donner quelques nouvelles de votre très nombreuse descendance. En effet, nous sommes plusieurs centaines (beaucoup de Marie-Valérie), répartis dans toute l'Europe. La très grande majorité travaille et un grand nombre est dans le domaine artistique. Les mariages sont des mariages d'amour contractés dans les différentes classes de la population. Je peux vous dire que, dans la famille, vous restez une référence, un exemple, une fierté.

Je voudrais vous demander quel message vous voudriez transmettre à votre très nombreuse descendance -et n'hésitez pas à demander des informations sur ces derniers.

Aviez-vous un petit nom que vos petits-enfants utilisaient?

Votre arrière-arrière-petit-fils Guy


Très cher Guy,
 
Votre lettre m'est apparue comme un véritable rayon de soleil dans la grisaille qui m'environne. C'est avec un réel plaisir que j'apprends ces nouvelles, à savoir que nombre de mes descendants ont la fibre artistique et que les barrières de classes sont enfin tombées en ce qui concerne les mariages. Ce sont de très bonnes nouvelles. Savoir que le peuple n'a plus désormais à faire vivre les Habsbourgs a aussi de quoi me réjouir. Les descendants de Marie-Valérie (et donc les miens!) semblent avoir une vie bien remplie. Je me réjouis tout spécialement pour ma Kedvesem, qui souhaite tellement avoir de nombreux enfants autour d'elle. Ma petite Hedwige aux grands yeux, dont vous dites descendre, est encore bien jeune au moment où je vous écris et, comme la plupart de mes petits-enfants, elle m'appelle «Omama». Je ne sais plus lequel de mes petits-enfants a trouvé le premier ce drôle de sobriquet, mais je m'en accommode très volontiers, puisqu'il s'agit d'une marque d'affection.
 
Le seul message que j'aurais à transmettre à mes descendants est de vivre selon les aspirations de leur cœur, cher Guy. Je paie encore aujourd'hui le prix d'avoir voulu pendant des années vivre selon les aspirations, les directives et les souhaits des autres... Si j'avais suivi mon cœur, et uniquement mon cœur, et cela dès 1854, ma vie aurait été bien différente. Quant à vous demander des nouvelles de ma descendance, je préfère m'en abstenir. Je sens qu'une crise terrible secouera l'empire sous peu, dès que l'empereur aura fermé les yeux, et je souhaite par-dessus tout ne plus être là pour être témoin des malheurs qui secoueront immanquablement alors tous ceux que j'aime. Vous savoir en vie et heureux suffit à me rassurer sur l'avenir de ma descendance et me montre que finalement, ma décision d'avoir un autre enfant en 1867 était une très bonne décision...
 
Affectueusement,
 
Élisabeth