Mireille Gaudry
écrit à




L'Impératrice Sissi






Nicole Avril



Chère Élisabeth,

Je ne peux vous cacher l'émotion qui est aujourd'hui la mienne, au moment de vous écrire. Cela fait à présent plus de trente ans que je vous admire, que vous êtes ma personnalité historique préférée. Je crois que j'ai lu toutes les biographies qui parlent de votre vie, avec bien entendu mes préférences, comme «L'Impératrice» de Nicole Avril. La connaissez-vous? À force de lire tout cela, j'ai l'impression de bien vous connaître. Pourtant, peut-on connaître tout à fait quelqu'un qui a eu une vie si remplie?

Je me suis aperçue, en faisant de nombreuses recherches généalogiques, que mes origines étaient germaniques du côté paternel. En effet, mon nom est Waldrick. J'ai toujours eu une passion pour l'Autriche, pays que je m'efforce de visiter autant que possible. J'ai contemplé Vienne, visité avec émotion la Hofburg, Schönbrunn, au point que j'avais l'impression que vous m'y accueilliez... Mais, je crois que l'endroit où une émotion inoubliable m'a accompagnée, c'est en visitant votre belle villa Kaiser à Bad Isch. Là, j'ai ressenti votre présence à mes côtés. C'était extraordinaire. Vous me faisiez visiter vous-même ce petit palais où vous aviez si souvent séjourné.

Merci, Élisabeth, d'être pour moi un mythe, mais en même temps, une personne dont j'aurais tant voulu être l'amie.

Pouvez-vous par la même occasion, si vous me répondez, m'expliquer si oui ou non il y a une malédiction des Habsbourg et si la légende de la Dame Blanche a vraiment existé?

Merci de votre réponse, et j'aimerais, si cela ne vous ennuie pas, vous écrire de temps en temps.

Mireille

Chère Mireille,

Concernant la Dame Blanche, je vous ai répondu à ce sujet il n'y a pas si longtemps. Vous me permettrez donc de me concentrer sur les autres points de votre lettre.

Oui, la Kaiservilla est un endroit magnifique. La vue sur le Jainzen, ma montagne magique, me remplit chaque fois de paix et de bien-être; c'est l'un des rares endroits en Autriche, avec la Villa Hermès, où j'aime bien résider. L'étiquette y est réduite au minimum, les promenades en forêt font notre délice, à Franz et à moi, et c'est là que nous pouvons recevoir Marie-Valérie et ses enfants sans aucune contrainte. Malgré tous mes voyages à l'étranger, c'est pour moi l'un des endroits où je me sente vraiment «en vacances».

Vous écrivant directement depuis l'année 1898, je ne puis évidemment connaître cette madame Nicole Avril dont vous me parlez. Je sais cependant que nombre de mes correspondants vivant à votre époque se vantent de tout connaître sur moi grâce aux écrits de tel ou tel auteur. Prenez bien garde à ce que les écrits qui vous tombent sous la main à mon sujet ne soient pas que des romans, chère Mireille. Ma vie est si différente de ce que pense la majorité de vos contemporains! Si cette personne a su faire passer, à travers sa plume, un peu de mes véritables émotions et de mon vécu, alors lisez-la sans crainte. Mais fuyez les auteurs qui tombent dans le romanesque, ma vie a été tout sauf romantique!

Amicalement,

Élisabeth