Mon admiration pour vous
       

       
         
         

Gisèle Valissant

      Votre Majesté,

Je m'appelle comme votre deuxième fille, Gisèle, et j'ai 31 ans. Vous savez, à mon époque, ce prénom a été assez difficile à porter pour moi, car il est légèrement désuet. Mais depuis que je suis passionnée par l'histoire de votre vie, je suis très fière de le porter. J'ai lu beaucoup d'ouvrages qui parlent de vous. Je cherche tout ce que je peux trouver sur votre vie, surtout sur Internet. Je ne sais dire pourquoi je me sens si proche de vous. Mais j'ai l'impression que vous me guidez, que vous me donnez un second souffle. 

Je sais combien vous avez été malheureuse, d'abord à cause de votre belle-mère, ensuite pour votre petite Sophie, puis Rodolphe. Pour lui, je suis de votre avis, je ne crois pas au suicide. 

Je tiens à vous dire toute l'admiration que j'ai pour vous, et que je viendrai vous voir, cette année, en Autriche. Depuis le temps que j'en rêve, je veux voir votre château et tous les lieux où vous avez pu vous rendre. J'aimerais aussi voir Possenhofen et Bad Ischl. Pour ressentir votre présence. Pour vous connaître mieux.

Je vous embrasse, si je peux me le permettre.

Gisèle
         
         

Impératrice Sissi

      Chère Gisèle,

Je vous remercie infiniment de votre gentillesse. Ce genre de missive me fait toujours chaud au coeur, les mots d'amitié sont des perles que je conserve plus précieusement que n'importe quel bijou.

Si vous désirez «sentir ma présence», vous ne la sentirez guère à Vienne, où je ne vais plus qu'en passant, entre deux voyages. Le seul château où j'aime séjourner quelques temps, quand je suis de passage dans la capitale, est celui de Lainz, la Villa Hermès que Franz a fait construire pour moi. Je l'appelle «le château magique de Titania», et j'aime sa situation en pleine nature. À Bad Ischl, mon endroit préféré est le petit pavillon de marbre rose que j'ai fait construire pour avoir un endroit où me retirer. La Kaiservilla est à ce point envahie par les trophées de chasse de Franz que je ne m'y sens pas à l'aise pour écrire ou pour recevoir simplement mes filles pour le thé. Ce n'est pas un «château» en tant que tel, et seul François-Salvator, l'époux de Valérie, y a dormi quelques fois alors qu'ils n'étaient encore que fiancés.

Je ne vais plus très souvent à Possenhofen, depuis la mort de ma mère. Les souvenirs que j'y ai laissés vieillissent mal. Tout comme moi d'ailleurs.

Je vous souhaite un très bon voyage, et n'hésitez pas à revenir me faire part de vos impressions.

Amicalement,
Elisabeth