Marie Sophie Amélie
écrit à




L'Impératrice Sissi






Messages de Paris



Ma chère Élisabeth,

Je m'adresse à vous en ce jour de décembre pour vous accompagner dans votre trentième anniversaire. Que ce jour du vingt-quatre décembre soit rempli de bonheur!

Me voilà sur le point de repartir de cette capitale française. Aussi, je vous adresse ces quelques mots pour vous faire part de mon admiration pour cette très belle ville qu'est Paris. Cette ville est remplie d'histoires que je ne manquerai pas de vous faire partager.

Ma prochaine visite en Autriche se rapproche chaque jour et vous m'en voyez incroyablement heureuse.

En espérant que vous prenez soin de vous, je vous envoie mes chaleureux souvenirs de Paris.

Avec toute mon affection,
                                      
Marie Sophie Amélie
           

Projet scolaire collège Tivoli


Bonjour Marie Sophie Amélie,
 
Vous savez que vous avez un prénom aussi long que le mien? Mon prénom complet est Élisabeth Amélie Eugénie. Mais comme l'usage est de n'utiliser que le premier prénom comme prénom usuel, utilisez-vous toujours vos trois prénoms, ou bien vous faites-vous appeler Marie-Sophie?
 
Oui, le 24 décembre était le jour de mon anniversaire, chère enfant, mais pas le trentième. J'ai désormais soixante années bien sonnées au moment où je vous écris, et j'en ressens le poids chaque jour. Avec tous les chagrins et les deuils que j'ai traversés, les souhaits de bonheur n'ont aucun sens pour moi, et j'ai demandé à toute ma famille, de même qu'aux chancelleries des autres pays, de s'abstenir désormais de m'envoyer des vœux pour mon anniversaire, pour Noël ou pour la nouvelle année. Je n'accepte ces vœux que de François-Joseph car, ayant traversé bien des épreuves ensemble, il sait trouver les mots pour me partager ce qu'il souhaite, ce qu'il espère pour moi dans l'avenir. Mais comme vous l'ignoriez, j'accepte bien volontiers vos souhaits et vous en remercie.
 
Oui, Paris est une bien belle ville que j'aime beaucoup. Je m'y rendais plus régulièrement du vivant de ma sœur, la malheureuse duchesse d'Alençon, décédée tout récemment dans le terrible incendie du Bazar de la Charité. Je n'ai pas eu la force de retourner en France depuis sa mort, mais j'irai bientôt. Oui, j'irai, non seulement pour me recueillir sur sa tombe, mais aussi pour apporter mon soutien, aussi pauvre soit-il, à son saint homme de mari, Ferdinand d'Alençon, un homme que je respecte infiniment.
 
Je vous souhaite un très beau voyage en Autriche, chère Marie-Sophie. J'espère que le beau temps sera avec vous: j'ai toujours trouvé que Vienne était sinistre sous la pluie. Mais si vous connaissez un peu ma vie, vous savez sans doute que je trouve Vienne sinistre, peu importe le temps qu'il y fait! Je vous conseille donc d'aller plutôt dans la nature, dans les forêts et les montagnes autrichiennes, là ou le terme «majesté» prend un tout autre sens que dans la bouche des courtisans.
 
Sincèrement,
 
Élisabeth