Kim et Michèle
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

Marraine

    À Sa majesté l'Impératrice Sissi,

Nous aimerions savoir si vos enfants allaient rendre visite à leur marraine et si vous avez eu la chance d'être marraine. Nous aimerions aussi savoir si vos enfants allaient rendre visite à vos parents, à leurs grands-parents et s'ils s'entendaient bien avec vos nombreux neveux et nièces, leurs cousins et cousines ainsi que vos parents.

Nous aimerions aussi savoir à quel moment, au mois de mai, votre soeur Hélène quitta ce monde...

Dans l'attente de votre réponse,

Kim et Michèle A.-M.



Chères jeunes âmes,

J'ai en effet été marraine à quelques reprises, notamment de mes petites-filles, toutes deux prénommées Élisabeth, mais à qui on a donné différents surnoms afin de les distinguer. Il s'agit de Erszi, la fille de Rodolphe, et Ella, la fille de Marie-Valérie.

Mes enfants vivaient pratiquement toujours sous le même toit que leurs grands-parents paternels, l'archiduchesse Sophie et l'archiduc François-Charles, qu'ils voyaient donc presque quotidiennement. Mon beau-père François-Charles était le parrain de Rodolphe, car il est d'usage chez les Habsbourg de donner des parrains aux garçons et des marraines aux filles. Parfois même DEUX parrains ou DEUX marraines! Ma mère a été marraine de ma fille Gisèle, et ma soeur Mathilde celle de ma fille Marie-Valérie. J'ai été moi-même marraine de la petite Christine, que ma soeur a mise au monde le soir même de mon anniversaire, le 24 décembre 1869 à Rome. Mais la pauvre petite est décédée environ 4 mois plus tard, et Marie n'a pas eu d'autres enfants par la suite.

Mes enfants aimaient beaucoup Possenhofen, c'était pour eux un monde totalement différent. Il y avait toujours de joyeuses réunions à Possi et ma mère, ayant élevé 8 enfants, adorait voir toute cette marmaille courir autour d'elle. Les enfants, cousins, cousines, s'entendaient fort bien entre eux, mais c'est surtout Valérie qui a su tisser des liens d'amitié durables avec Amélie, fille de mon frère Charles-Théodore, et avec Louise, fille de ma soeur Sophie et de Philippe d'Alençon. Du côté Habsbourg, la rigidité de l'étiquette sépare tellement la famille royale du commun des mortels qu'il leur fut difficile, voire impossible de créer ce genre de liens avec les neveux de François-Joseph. Il n'y a guère que Jean Salvator, que j'appelais «le savant archiduc», Habsbourg de la branche toscane, qui a su se lier avec Rodolphe. Il a disparu en mer il y a déjà quelques années.

Quant à ma soeur Hélène, elle est morte dans mes bras il y a environ 8 ans, le 16 mai 1890. Elle a atrocement souffert, et je puis désormais comprendre que certains se tuent pour éviter une telle agonie. Oui, la vie est une vilaine chose dans laquelle rien n'est certain que la mort.

Sincèrement,

Élisabeth