Kristina
écrit à




L'Impératrice Sissi







Marie-Antoinette d'Autriche, reine de France



Ma chère Sissi,

Comment allez-vous?

J'aimerais que vous me disiez ce que vous pensez de l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche qui devint Reine de France et dont la fin fut malheureusement très tragique... Que pensez-vous de cette femme et de son destin?

Vous identifiez-vous à elle? Je dis cela car votre vie fut malheureusement aussi tragique que la sienne...

Je vous embrasse,

Kristina

Chère Kristina,
 
Je ne me reconnais malheureusement guère de ressemblance avec la reine Marie-Antoinette, si ce n'est dans un mariage plus ou moins satisfaisant.

Fille de la grande impératrice Marie-Thérèse, Marie-Antoinette avait cependant été élevée, tout comme mon époux d'ailleurs, avec la conscience qu'elle allait remplir un rôle important. Son mariage n'était donc pas une surprise pour elle, et son acclimatation à la cour de France s'est faite assez facilement, ce qui ne fut certainement pas mon cas à Vienne.

La plus grande différence entre nous fut qu'elle élevait au-dessus de tout le principe de la monarchie de droit divin, qu'elle a poussé son mari à rejeter toute forme de monarchie constitutionnelle, ce qui fut indirectement la cause de son destin tragique. Étrange d'ailleurs que cette reine, si persuadée de son bon droit, ait eu tout comme moi des moments où elle en avait assez d'être en représentation et s'était taillé une petite retraite avec le Petit Trianon et le Hameau.

Une femme de contrastes qui, je ne le nie pas, peut être fascinante à étudier. Mon cousin Louis II lui vouait un véritable culte, tout comme à Louis XVI d'ailleurs, et il commémorait chaque année solennellement la date de leur décès.

Quant à moi, qui ai déjà écrit une poésie où je parle du «peuple de droit divin» auquel les Habsbourg devraient rendre hommage, je ne puis que déclarer mon incompréhension devant ces peuples qui nous supportent encore. Voilà encore une grande différence entre moi et Marie-Antoinette, chère amie: non seulement je ne me révolte pas contre les changements qui s'annoncent, mais j'en viens à considérer la République comme le seul mode de gouvernement qui soit raisonnable. Seul le respect qu'inspire mon époux tient encore cet empire debout, mais le vieux chêne vermoulu va bientôt tomber car vraiment, il a fait son temps. J'espère seulement disparaître avant Franz, car je ne souhaite vraiment pas voir le chaos qui régnera lorsqu'il ne sera plus là.

Sincèrement,
 
Élisabeth