Morrighan
écrit à




L'Impératrice Sissi






Mariage



Bonjour Votre Majesté,

Voilà: je voulais savoir sur quelle musique exactement vous avez fait votre marche nuptiale en rentrant dans la Cathédrale?

Merci.

Mes respects,

Morrighan


Chère âme du futur,
 
Vous me voyez bien en peine pour vous répondre. Je conserve peu de souvenirs de mon mariage, que j'ai vécu dans une espèce «d'état second». J'ai eu très peu à dire sur l'organisation de cette cérémonie qui devait pourtant décider de mon destin de femme pour le reste de ma vie. Pour vous aider, je devrais essayer de retrouver de vieux textes poussiéreux comme le «Cérémonial pour l'entrée solennelle de la sérénissime duchesse en Bavière, S.A.R. Elisabeth» ou «Cérémonial du mariage de S.M. l'empereur François-Joseph et de la Sérénissime....» bla-bla-bla, rien que le titre de ce document de dix-neuf pages donne froid dans le dos!
 
Tout ce que je peux vous dire avec certitude, c'est que contrairement à ce qui semble désormais être la tradition à votre époque, ce ne fut ni la marche de Lohengrin, que Wagner ne composa que quelques années plus tard, ni la marche nuptiale de Felix Mendelssohn, qui n'était alors nullement de tradition.
 
Encore une fois, désolée de ne pas vous être utile. Peut-être que certains de mes correspondants connaissent la réponse et seront surpris de voir que je l'ignore moi-même, mais il faut comprendre, chère âme, que le jour de mon mariage n'est pas un jour que je me rappelle avec joie, bien au contraire. Tout ce qui m'est resté comme souvenir, ce sont ces milliers d'yeux braqués sur moi et le sermon tout à fait inapproprié du Cardinal Rauscher («Plauscher», le «bavard») qui, rappelant les paroles de saint Augustin, a souligné de façon totalement indélicate la disparité de fortunes entre Franz et moi. Comme si je l'épousais pour son titre! Alors que je ne cessais de répéter «si seulement il n'était qu'un simple tailleur!»
 
Si Franz avait été un simple tailleur, j'aurais certainement été impliquée dans l'organisation de mon propre mariage, et je pourrais certainement répondre à votre question. Et ce serait un souvenir heureux...
 
Amicalement,
 
Élisabeth