Louis II de Wittelsbach
       

       
         
         

Béatrice Leach

      Madame,

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur Louis II de Wittelsbach, le roi vierge, qui fut votre cousin?

Aviez-vous une relation privilégiée avec lui? J'entends par là une sympathie mutuelle permettant que vous puissiez vous ouvrir l'un à l'autre de votre mélancolie réciproque?

Était-il aussi extravagant que l'histoire nous le dit ou n'est-ce là qu'un effet de la légende?

Au plaisir de vous lire,

Béatrice Leach
         
         

Impératrice Sissi

      Chère âme....

Il me fait plaisir de vous parler de mon cousin Louis II qu'on appelle parfois le roi fou!! C'est une chose affreuse à dire. Certes il était très original. Laissez-moi vous raconter une petite anecdote. Lors d'un de mes séjours en Bavière, Louis a décidé, il était alors minuit, d'offrir à ma dame de compagnie un énorme bouquet de roses de toutes les nuances. La pauvre dut se lever pour recevoir les hommages de mon cousin!! Et ce n'est qu'une anecdote...

J'adorais Louis. Il avait aussi une relation privilégiée avec mon fils Rodolfe. Il fut même fiancé à ma jeune soeur Sophie! Il aimait la beauté des femmes mais son amour de la gente féminine s'arrête là.

Nous avons échangé plusieurs de nos poèmes. Entre autre, il se nommait l'aigle et moi je fus la mouette. Il ne voulait pas être roi, mais le destin avait choisi pour lui (comme pour moi) qu'il règnerait. Je le comprenais. Et vous avez raison: notre grande mélancolie nous a lié. On a même raconté que j'avais prévu de le faire évader de sa prison située près du lac Starnberg. Comme je fus malheureuse d'apprendre sa mort tragique. Lui qui ne voulait de mal à personne!

Il a fait ériger de magnifiques châteaux, il a aidé le compositeur Wagner. C'est sans doute pour cela qu'il fut qualifié de «fou», mais pour lui l'important était sans doute de trouver la beauté.

Je vous laisse ce poème écrit pour l'aigle mort.....

L'aube t'as vu à des hauteurs vertigineuses
Et te voilà raidi et gisant sur le sol,
Ton vol t'emportait près du dieu soleil
C'est le rayon de lune qui joue avec la mort

Pourtant, oui, pourtant je t'envie,
Tu as vécu si loin des hommes,
Et même si le soleil divin s'est retiré de toi,
Les étoiles là-haut te pleurent

J'espère vous reparler bientôt

Sissi