Kim et Michèle
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

L'héritier du trône

    À Sa majesté l'Impératrice Sissi,

Nous aimerions savoir si Élisabeth, la fille de votre fils Rodolphe, ou une de vos filles pourraient prendre la place de votre fils sur le trône, puisque ce dernier s'est suicidé, à la mort de François-Joseph. Si oui, pourquoi François-Joseph a t-il décidé de mettre son neveu, François-Ferdinand, sur le trône à sa mort?

Dans l'attente de votre réponse,

Kim et Michèle A.-M.



Chères jeunes amies,

Certes, votre raisonnement aurait eu du bon si Erzi avait eu à succéder directement à son père, l'empereur Rodolphe. D'ailleurs, c'est bien pour parer à un cas semblable que la Pragmatique Sanction, permettant le règne de la Grande Marie-Thérèse, fut adoptée. Or, Rodolphe est mort avant François-Joseph et n'a jamais régné. Sa succession est donc close et c'est celle de Franz qu'il faut maintenant prévoir. Rodolphe avait d'ailleurs lui-même reconnu un jour la validité des prétentions de François-Ferdinand en le désignant à un de ses familiers avec ces mots étrangement prémonitoires : «l'homme que vous voyez là sera empereur. Pas moi.»

La Pragmatique Sanction permet à l'empereur de nommer une fille héritière, mais ne l'y oblige en aucun cas. Pour un homme aussi conservateur que François-Joseph, seul un autre homme peut être appelé à lui succéder, et il avait depuis longtemps désigné François-Ferdinand comme successeur à Rodolphe, en fait depuis que nous savions que Stéphanie ne pourrait plus jamais enfanter. Charles-Louis, frère cadet de Franz, ne s'est pas montré intéressé, et son fils Othon a été l'acteur de tant de scandales à Vienne qu'il s'est lui-même exclu de la succession. C'est donc vers François-Ferdinand que Franz s'est tourné. Ce n'est pas un mauvais choix. L'archiduc est un homme intègre, qui a le courage de ses convictions, même face à l'empereur. J'ignore toutefois si c'est suffisant pour faire un bon souverain, et comme je souhaite moins que tout survivre à l'empereur, j'espère ne pas être là pour voir son avènement.

Sincèrement,

Élisabeth