Stéfany
écrit à




L'Impératrice Sissi






La vraie histoire



Bonjour,

Je voudrais savoir pourquoi vous êtes aussi proche de Marie-Valérie.


Stéfany


Bonjour Stéfany,
 
La réponse à votre question est très simple: Marie-Valérie est la seule de mes enfants que j'ai pu élever moi-même. Lors de sa naissance, mon influence sur François-Joseph était à son zénith: le couronnement en Hongrie, ma grande et seule œuvre politique, venait d'avoir lieu, et c'était précisément en «cadeau» pour la Hongrie que j'avais accepté d'avoir un autre enfant (ce à quoi je m'étais obstinément refusée jusque là). Les courtisans ont longtemps colporté qu'elle n'était pas la fille de Franz mais, purement «hongroise», celle du comte Andràssy. Cette cour de Vienne que j'exécrais déjà m'est devenue encore plus insupportable à la suite de ces ragots, d'autant plus que la ressemblance physique entre Franz et Valérie s'est rapidement affirmée et a laissé les médisants sur leur faim. Après le décès de mon beau-frère Maximilien, le fils préféré de ma belle-mère, cette dernière est devenue beaucoup plus discrète, retirée dans son chagrin. Je n'avais plus à craindre son influence, mais par prudence, j'ai préféré mettre Marie-Valérie au monde en Hongrie, là où je savais que ma belle-mère se garderait bien de poser les pieds. J'ai su enfin ce qu'était la joie d'avoir un enfant. Alors que j'avais d'abord désiré un second fils, que l'on aurait pu couronner plus tard roi d'une Hongrie indépendante, plus ma grossesse avançait, et plus je me persuadais que ce serait une fille. Un fils, sans m'être retiré comme l'avait été Rodolphe, aurait quand même dû être séparé de moi vers sept ans pour avoir une éducation militaire comme tous les princes. Une petite fille, c'était la garantie d'avoir cette enfant pour moi seule jusqu'à son mariage. Lorsque j'ai enfin eu ma petite fille dans les bras, ce beau jour d'avril 1868, j'ai su qu'elle serait pour toujours mon lien privilégié avec la vie, le seul être pour lequel je serais prête à me battre bec et ongles. Mais l'amour de François-Salvator a fini par me l'enlever. Je me console à la pensée de son bonheur, à la pensée de tous ces oisillons qui peuplent désormais son nid d'hirondelles où, mouette marine, je viens me poser de temps à autre pour de brefs séjours.

Sincèrement,
 
Élisabeth