La vie à la cour
       

       
         
         

Marie-Josée Morin

      Chère impératrice,

Je voulais savoir si vous aimiez porter toutes ces belles robes, vos corsets étaient-ils vraiment serrés à vous couper le souffle? Aimiez-vous les bals et être aimée de tous? J'aimerais vraiment que vous me répondiez.

Une admiratrice
         
         

Impératrice Sissi

      Chère âme,

Oui, ces robes étaient très belles, mais très inconfortables! Les crinolines étaient vraiment très larges, il était difficile de voir où on allait avec ces masses de tissus autour de soi! Après 1870, le volume des robes est heureusement devenu plus raisonnable. Je ne porte plus que du noir et du gris depuis la mort de mon fils, et ma taille est maintenant si mince naturellement - 50 cm que je surveille quotidiennement - que je n'ai plus besoin de serrer mes corsets à m'étouffer comme au temps de ma jeunesse! Mais je n'aimais pas les bals, ce n'était pour moi qu'une corvée et j'ai cessé d'y paraître il y a bien longtemps. Il faut se figurer que je passais presque 3 heures debout à recevoir les révérences, les saluts guindés ou le baisemain de toute cette noble aristocratie, à parler à des gens auxquels je n'avais rien à dire (et je devais limiter le temps que je consacrais à ceux qui m'intéressaient vraiment!) et à danser très peu - et une seule danse avec mon époux dans toute la soirée.

Quant à être aimée de tous, chère âme, je ne l'ai jamais guère senti qu'en Hongrie. Oui, cet amour me rendait heureuse, d'autant plus qu'on me dit qu'il perdure encore en Hongrie, par-delà la barrière du temps. Cela me prouve l'amour des Magyars est vraiment sincère et désintéressé, et qu'ils méritaient bien l'amour que moi-même j'éprouve pour ce noble peuple.

Amicalement,

Élisabeth