Mireille Gaudry
écrit à




L'Impératrice Sissi






La dame blanche



Chère Sissi,

Il s'agit ici de ma seconde lettre pour laquelle je souhaiterais aussi recevoir une réponse.

J'ai récemment lu un énième ouvrage vous concernant. Il s'intitule «Le Roman de Sissi» et raconte votre existence via Alexandra de Schönbrunn. Diverses fantaisies émaillent ce récit. Il y en a une pour laquelle je voudrais avoir une précision: qu'en est-il de la malédiction de la dame blanche qui apparaît chaque fois qu'un malheur va frapper votre famille? J'avoue que cela me donne le frisson!

Merci pour votre réponse.

Amicalement.

Chère Mireille,

La Dame Blanche n'est nullement un mythe. Elle est apparue bien souvent, aux heures les plus sombres de la famille de Habsbourg. Marie-Thérèse, non pas la grande impératrice mais plutôt la mère de Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon, l'a aperçue quelques jours avant sa mort. «Qui est cette Dame, maman?» aurait alors demandé Marie-Louise, encore enfant. «C'est la Dame Blanche qui vient me chercher». Elle aurait hanté pour la première fois les alentours du monastère de Yuste en 1588, peu avant la mort de Charles Quint, et l'Aiglon l'a saluée d'une fenêtre de sa chambre, errant dans le parc de Schönbrunn peu avant sa mort. Je l'ai vue il y a quelque temps, de la fenêtre de mon hôtel, au cours d'un voyage. J'ai considéré son apparition avec soulagement, croyant que mon périple sur cette terre s'achevait enfin, mais mon voyage de retour s'est effectué dans le calme, et me voici à Ischl, en cette fin d'été 1898, à me demander ce que signifiait son apparition. Je pars dans quelques jours pour la Suisse, en ignorant toujours si c'est bien pour moi qu'elle est apparue.

Amicalement,

Élisabeth


Chère Sissi,
 
Quel grand bonheur pour moi d'avoir reçu votre second message qui m'a comblée de plaisir!

C'est si bon de pouvoir converser avec ce que vous appelez «une âme soeur». Nous avons tellement de points communs, quelque part, que nous ne pouvions que nous entendre. C'est vrai que, lorsque j'ai commençé à bien vous connaître par la lectures de biographies «sérieuses», j'ai tout de suite eu envie de devenir votre amie, si nous avions vécu à la même époque. Cela aurait été mon plus cher souhait, mais lorsque j'y songeais, je retombais vite sur terre en me disant que ce n'aurait pas été possible car l'étiquette, la sacro sainte étiquette de la cour d'Autriche, ne l'aurait certainement pas permis! Mais grâce à internet, me voici ayant la possibilité de communiquer avec vous... et c'est tant mieux.

Je suis persuadée, étant donné votre état d'éternité, puisque votre âme plane ici, à l'endroit même où je vous écris, que vous m'aidez dans ce que j'entreprends et ce que je ressens devient pour vous presque un sentiment qui vous est familier. Une véritable «âme soeur».

Je répondrai, c'est certain, à tous vos messages, si vous souhaitez, Sissi, m'en gratifier.

Bien amicalement,

Mireille