La mouette
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

Je suis votre plus grande admiratrice

    Je suis une de vos plus grandes admiratrices et j'aimerais que vous me disiez tout le trousseau que vous avez eu à votre mariage.

Je suis comme vous, j'aime la nature et je regrette sincèrement la mort de toutes ces personnes qui vous sont chères.

Je sais que vous n'avez qu'une envie, c'est de mourir, mais le monde a encore besoin de vous.

Amicalement,

La Mouette(Lorene)



Chère Lorene,

Si vous parcourez un peu ma page de présentation, vous y retrouverez une lettre intitulée «Votre trousseau de mariée». Vous m'éviteriez ainsi une fastidieuse corvée d'énumération, car la liste est fort longue. Je suis d'ailleurs reconnaissante aux historiens de votre époque d'avoir retracé cette liste car, pour ma part, quarante-quatre ans après mon mariage, il m'aurait été difficile de me rappeler le contenu des malles de la petite Sissi de seize ans!

J'ai d'autant plus de mal à me rappeler ces détails que je détestais ces séances d'essayage, ces longues stations immobiles où je me retrouvais entourée de tailleurs, modistes et cousettes de tous acabits. Je détestais être le centre d'attention, moi qui avais jusqu'alors été libre de mes actes, princesse sauvage des Alpes n'ayant de compte à rendre à personne. Je profitais du moindre moment d'inattention de ma mère ou d'Hélène pour m'esquiver et rejoindre mes chers chevaux!

Ma chère Lorene, je ne saurais dire si le monde a vraiment besoin de moi. Permettez-moi d'en douter. Depuis plusieurs années, je ne m'occupe plus de politique, je vis retirée, menant une vie strictement privée derrière mes voiles noirs. J'ai appris que dernièrement, en Hongrie, la mort de Kossuth avait causé toute une commotion, et que des manifestations avaient eu lieu çà et là. La politique est décidément bien ingrate. Non, chère amie, mon départ ne causera de chagrin durable à personne, si ce n'est à mon époux. Même ma chère fille Valérie sera, je le crains, un tantinet soulagée. Elle pourra désormais se consacrer sans remords à sa couvée, qui promet d'être nombreuse, sans plus se préoccuper de mes chagrins et de mes souffrances.

Sincèrement,

Élisabeth