Ph. Buthaud
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

Impératrice Marie-Thérèse

    Madame,

Vous avez indiqué à Muintyr que six enfants naquirent de l'union de l'Impératrice Marie-Thérèse et de son époux l'Empereur François Ier. En réalité le couple impérial eut seize enfants sur lesquels dix parvinrent à l'âge adulte. Leur avant-dernière enfant n'est autre que notre infortunée reine Marie-Antoinette.

Votre dévoué serviteur,

Ph. Buthaud

Chère âme du futur,

Que puis-je dire, sinon que vous avez parfaitement raison, cher ami. En effet, le «roi» Marie-Thérèse (car ainsi l'appelait-on en Hongrie) n'eut pas moins de seize enfants. L'erreur survient probablement du fait que j'avais inscrit «16» en chiffres sur mon manuscrit, mais que mon secrétaire particulier n'a déchiffré que le «6», qu'il vous a rendu en lettres. D'où la méprise... Et puis, vous l'avouerais-je? A seize ans, la généalogie de mon impérial époux n'a évidemment pas été la matière que j'ai préférée, lorsqu'on a tenté de m'inculquer en huit mois tout que devait savoir une future impératrice d'Autriche. Ce n'est qu'en 1866, lorsque je me suis réfugiée en Hongrie suite au désastre de Sadowa, que l'image de l'impératrice Marie-Thérèse appelant les Magyars à son secours, son petit Joseph dans les bras, est revenue à l'esprit de tous et que je fus amenée à m'intéresser à cette femme hors du commun.

Impératrice et reine chargée de bébés, modèle des mères et des épouses, elle en a eu d'autant plus de mérite de savoir gouverner son empire d'une main si sûre. Une véritable tête politique, que l'on a tenté en vain de m'imposer comme modèle. Je n'ai jamais eu son aptitude à gouverner, et encore moins le goût de la chose politique. Je sais que malgré ses devoirs, elle a su se ménager une vie familiale active, mais ce n'était vraiment plus possible dans le cadre rigide et l'étiquette pointilleuse régnant à la Cour, lorsque j'y suis arrivée. Je me fusse probablement mieux accommodée de la vie de Cour à son époque.  Maintenant, la moindre conversation de table avec l'Empereur est devenue impraticable, et les «soirées au coin du feu» sont si insupportablement ennuyeuses que je ne m'y présente plus depuis longtemps. Ma fille Marie-Valérie m'a avoué que c'est lors de son premier Noël de femme mariée qu'elle avait réalisé combien sa jeunesse à la Cour avait été affligeante. Que dire de ma vieillesse...

Amicalement,

Élisabeth