Constance
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

Gymnastique et Noir

    Bonjour Sissi,

Je m'appelle Constance et je suis une de vos jeunes admiratrices. Mes parents viennent de m'offrir un voyage à Vienne. Ainsi ai-je pu visiter le Hoffburg et Schonbrünn (désolée pour l'orthographe). Dans votre chambre j'ai pu voir votre pèse-personnes, comme vos agrés de gym et vos pressoirs à viande (achetés à Paris).

Alors je voudrais juste vous demander si Frantz était au courant de tout cela et ce qu'il en pense. Je voudrais aussi savoir pourquoi, majesté, vous vous habillez toujours de noir après la mort de Rodolphe... n'est-ce pas un peu trop triste de le faire si longtemps?

À bientôt Sissi.

Constance



Chère Constance,

Bien sûr que Franz est au courant de tout cela: il vit dans ces palais, lui aussi, il serait donc bien difficile de lui cacher mes agrès et mon pèse-personne à chaque visite dans mes appartements! Évidemment, il lève les bras au ciel lorsqu'il apprend que je ne mange parfois qu'un peu de glace à la violette et six oranges dans toute ma journée, il m'écrit de véritables épîtres sur mes «aberrations» alimentaires, mais en général, il se contente de hocher la tête, résigné à ce qu'il appelle mes «excentricités».

Chère Constance, mes vêtements ne sont rien d'autre que le reflet de mon âme. S'il est triste de se revêtir de noir durant des années, c'est simplement parce que mon âme est triste à mourir, que mon coeur est définitivement brisé et que mon deuil n'aura jamais de fin, et ma tristesse m'est plus précieuse que la vie. J'ai rayé les mots «joie» et «espoir» de mon vocabulaire pour toujours, et je suis satisfaite si je puis simplement trouver un peu de paix quelque part. La paix est si précieuse, et ce n'est guère que loin des hommes que l'on peut la trouver. C'est pourquoi je voyage sans cesse, accompagnée chaque fois d'une mouette noire qui suit mon navire à chaque traversée; je crois qu'elle est mon destin.

Amicalement,

Elisabeth