Emma
écrit à




L'Impératrice Sissi






Garçon manqué?




Votre Altesse,

Mon nom est Emma et je me permets aujourd'hui de vous écrire car une question se pose à moi: il paraît que, enfant, vous étiez un véritable garçon manqué. Est-ce vrai? Moi-même, je ne suis jamais aussi heureuse que lorsqu'on me permet de courir dans les bois ou d'escalader les arbres!

En espérant que vous me pardonnerez cette question quelque peu osée et que vous voudrez bien y répondre,
Votre respectueuse et dévouée,

Emma.


Chère Emma,

Non, je n'étais pas vraiment un «garçon manqué», même si j'étais beaucoup plus téméraire que mes autres sœurs, notamment à cheval. Mon père voulait que nous grandissions librement, en harmonie avec la nature. Il aimait interrompre nos leçons pour mettre avec lui les vergers au pillage et m'autorisait régulièrement à l'accompagner à la chasse. Mais il faisait de même avec mes autres frères et sœurs, même si j'étais sa préférée. Comme j'étais très douée pour l'équitation, déjà dans ma jeune adolescence, il m'a dit un jour: «si nous n'étions pas nés princes, toi et moi nous serions certainement écuyers de cirque!»  Mais comme toutes les très jeunes filles, je rêvais au passage d'un écuyer de mon père, je rougissais lorsque Charles-Louis, alors âgé de quinze ans, me couvrait de compliments et de cadeaux, à Innsbrück, alors que j'avais à peine douze ans...

J'aimais la nature et je l'aime encore. J'avais besoin de mouvement et cela n'a pas changé. La cour, et plus particulièrement ma belle-mère, on certes tenté de me «dompter» et d'entraver mon besoin de mouvement. Ils n'ont réussi qu'à l'amplifier par le besoin désespéré que j'avais de les fuir tous! J'ai fait de l'équitation, de l'escrime, des promenades rapides qui pouvaient durer jusqu'à huit heures d'affilée! Seule la sciatique et un cœur un peu défaillant ont réussi à me ralentir.

Amicalement,

Elisabeth