Franz
       

       
         
         

Cindy et Manon

      Impératrice Sissi

Cindy et Manon
Collège le Luberon
84 160 Cadenet

Le 27 Mars 2003

Chère Impératrice Sissi,

Nous nous appelons Manon et Cindy; nous sommes en 4e au Collège le Luberon à Cadenet. Nous avons bien aimé vos livres et vos films qui racontent votre vie. Nous adorons vos robes car elles sont vraiment belles, les avez-vous gardées? Est-ce que Franz a été votre première amour?

Nous avons suivi tous les épisodes d'Impératrice Sissi qui ont été diffusés à la télévision avec beaucoup d'admiration. Nous avons aussi lu les livres mais nous préférons les films car ils donnent plus de détails sur vous et vos robes. Comment faites-vous pour avoir une aussi belle chevelure car nous nous avons les cheveux longs mais nous n'arrivons pas à refaire vos coiffures.

Nous aimons aussi l'endroit où vous allez voir vos colombes qui sont magnifiques. Depuis longtemps nous voulons vous rencontrer car nous voulons vous ressembler et être aussi belles que vous.

Est-ce que le couturier a passé beaucoup de temps pour confectionner vos robes? Est-ce que c'est vous qui choisissez les motifs, car nous sommes très admiratives!

Nous aimons le passage où vous rencontrez pour la première fois Franz. Nous adorons aussi quand vous montez vos chevaux et nous avons un faible pour ces animaux-là.

Merci pour ces moments de bonheur et nous attendons votre réponse avec impatience.

Amitié,

Manon et Cindy
         
         

Impératrice Sissi

      Mes chères demoiselles,

Votre gentille lettre pleine de fraîcheur a réussi à me faire sourire, ce qui est plutôt rare. Je vais vous faire un aveu: quiconque m'aborde en me disant avoir un faible pour les chevaux bénéficie automatiquement d'un préjugé favorable de ma part. J'aime encore beaucoup les chevaux, bien que je ne monte plus guère. Moi qui ne trouvais aucune barrière trop haute, aucun fossé trop large, subitement il y a environ 15 ans, j'ai perdu tout courage. Mais je continue à admirer ces nobles bêtes qui ont reçu mes premières confidences d'adolescente.

Votre lettre contient de nombreuses questions et je vais tenter de satisfaire votre curiosité. Non, je n'ai pas gardé mes robes. J'ai donné toutes mes robes de bal et mes robes d'été à mes filles et à mes dames après la mort de mon fils. Je ne porte plus que du noir ou, à l'occasion, du gris. Quand j'assistais aux cérémonies officielles et aux bals, il y a longtemps, mes crinolines étaient fabriquées chez Worth, à Paris. Il «habillait» pratiquement toutes les dames de la haute société. Dans ma jeunesse, ma mère faisait venir une couturière de Munich chaque année pour nous commander quelques nouveautés et, si nos vêtements avaient besoin de reprises ou d'être rallongés en cours d'année, les femmes de chambre s'en chargeaient. J'ai toujours détesté les séances d'essayage, c'est un vrai supplice pour moi. Aujourd'hui, mes femmes se contentent de prendre mes mesures de temps à autres - elles ne varient guère depuis des années - et de me commander des robes très simples.

Mes cheveux furent toujours pour moi un réel souci, ils sont un grand poids sur ma tête et je dois prendre une journée entière, chaque trois semaines, pour les laver. C'est ma coiffeuse Fanny Angerer qui détient le «secret» de cette coiffure qui fait votre admiration: une très longue natte, qu'elle enroule ensuite en forme de couronne sur le dessus de ma tête. Ma soeur Sophie avait également adopté cette coiffure.

Quant à ma première rencontre avec Franz, je crains que vous n'en connaissiez qu'une version très romancée. Au risque de vous décevoir, j'ai rencontré Franz de la façon la plus simple qui soit, dans le salon de ma tante Sophie, à Ischl, où nous étions invités à prendre le thé. Franz devait y rencontrer pour la première fois sa future fiancée, ma soeur Hélène, mais c'est sur moi qu'il a fixé son regard tout l'après-midi. Dès le lendemain matin, il annonçait à sa mère que c'était moi et non Hélène qu'il voulait épouser. J'avais à peine eu l'occasion de lui adresser la parole que sa décision à lui était déjà prise.

Les légendes romantiques ont la vie dure dans le coeur des jeunes filles, mais surtout ne cessez pas de rêver. La «vraie vie» vous rattrapera bien assez tôt.

Amicalement,

Élisabeth