Lara, Louise et Audrey
écrivent à




L'Impératrice Sissi






Demande de renseignements



Madame L’Impératrice,

Vous êtes le sujet de notre exposé; nous aimerions donc enrichir nos connaissances sur votre vie royale. C’est pourquoi nous voudrions vous poser quelques questions.

Tout d’abord, nous souhaitons connaître votre date de naissance ainsi que le lieu de celle-ci. Ensuite, nous désirons prendre connaissance de votre arbre généalogique car nous nous intéressons à
votre famille de même qu’à votre descendance. Avez-vous eu des enfants? Est-ce bien Frank, l’amour de votre vie? Nous croyons nous souvenir que vous vous entendiez assez mal avec votre belle-mère, sans vouloir vous offenser, Madame.

Comment s’est déroulée votre enfance? Quand et comment êtes-vous devenue impératrice? Est-ce grâce à votre mariage avec Frank? Dans quelles circonstances l’avez-vous rencontré? Comment
se sont passées vos noces? Avez-vous eu droit à une lune de miel?

Dans la suite de notre exposé, nous voudrions parler de votre vie au château. C’est pourquoi nous souhaiterions connaître votre emploi du temps quotidien. D’après nos recherches, vous assistiez
à des leçons de conduite impériales. Appréciiez-vous cela? En quoi ces leçons consistaient-elles? Aviez-vous souvent des contacts avec l’extérieur? Quels étaient vos loisirs?

Merci de tenir compte de nos questions et de bien vouloir y répondre car cela nous apportera beaucoup.

Entières salutations à son altesse Sissi et veuillez croire en tout le respect que nous vous accordons,

Laura, Louise et Audrey


Chères jeunes amies,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour ce long délai à vous répondre. Une cure à Kissingen, où j’ai tenté de restaurer quelque peu mes forces défaillantes, m’a retenue plus longtemps que prévu. J’espère ne pas répondre trop tard pour votre travail scolaire. J’ai suffisamment connu d’étudiants, mes lecteurs grecs en particulier, pour savoir à quel point les dates de remise de travaux peuvent être contraignantes.

Vos questions, fort nombreuses, m’ont fait sourire, mais m’ont également plongée dans un grand dilemme. Comment vous aider sans faire tout votre travail à votre place? N’y voyez aucune méchanceté de ma part, bien au contraire; je crois simplement que cela ne vous rendrait pas service. Comme vous connaissez désormais le site Dialogus, puisque vous y êtes venues m’adresser votre lettre, vous pouvez sans peine explorer toute ma page pour y retrouver réponse à toutes vos questions. Je vous donnerai ici quelques informations de base, mais pour le reste (rapports avec ma belle-mère, avec Franz, vie de château), vous retrouverez tout ce que vous cherchez dans d’autres lettres adressées par le passé à d’autres correspondants. Les titres de ces lettres d’ailleurs sont assez évocateurs pour que vous puissiez trouver facilement ce que vous recherchez. Allons, un peu de courage!

Voici donc quelques informations pour vous aider à démarrer. Je suis née le 24 décembre 1837, troisième enfant du duc Max en Bavière et de son épouse Ludovica, née princesse royale
de Bavière. Nous étions huit enfants: Louis, Hélène, moi-même, Karl-Théodore, Marie, Mathilde, Sophie et Max-Emmanuel. J’ai rencontré François-Joseph au mois d’août 1853,
lors d’une réunion de famille à Bad Ischl. Sa mère et la mienne avaient prévu initialement lui faire épouser ma sœur Hélène, mais Franz est tombé amoureux de moi dès qu’il ma vue.
Nous nous sommes mariés le 24 avril 1854.


De cette union sont nés quatre enfants: Sophie, née en 1855 et morte en bas âge, Gisèle, née en 1856, Rodolphe, né en 1858 et décédé en janvier 1889, et ma dernière fille, Valérie, née
 dix ans plus tard, en 1868.  Gisèle est mariée depuis 1872 à Léopold de Bavière et ma chérie, Valérie, a uni sa destiné à l’archiduc François Salvator en 1890. Toutes deux ont de nombreux enfants, et Gisèle a même déjà quelques petits- enfants, ce qui fait de moi une arrière-grand-mère. De son union malheureuse avec la princesse Stéphanie de Belgique, mon
fils Rodolphe n’a eu qu’un seul enfant, une fille prénommée Élisabeth mais que nous surnommons «Erszi», le diminutif de «Erszebet», Élisabeth en hongrois. La Hongrie est d’ailleurs
un pays que j’aime beaucoup et pour lequel j’ai beaucoup travaillé. Ce fut ma seule œuvre politique, d’ailleurs. J’aimais les Hongrois, l’esprit hongrois, la noblesse et la droiture de ce peuple. Confiné à un simple statut de province administrée directement depuis Vienne depuis les révolutions de 1848, j’ai travaillé d’arrache-pied, surtout en 1866-1867, pour que ce
pays reprenne la place qui lui revient dans l’Empire. Le Compromis de 1867 est venu couronner mes efforts, et l’empire autrichien est désormais l’empire austro-hongrois.


Depuis la mort de mon fils, en janvier 1890. je me suis pour ainsi dire retirée du monde. Je fuis ma douleur par des voyages de plus en plus longs, de plus en plus lointains. Cette Cour
à laquelle je n’ai jamais pu m’habituer, dont je n’ai jamais su faire réellement partie depuis mon arrivée, me fait maintenant horreur. Je n’ai participé qu’à une seule manifestation officielle depuis la mort de Rodolphe: les célébrations du millénaire de la Hongrie en 1896. La Hongrie méritait que je sorte quelques jours de mon deuil pour lui faire honneur, mais
on ne me reverra plus jamais dans un bal ou dans une réception. J’essaie autant qu’il m'est possible de passer inaperçue, cachant mon visage désormais rongé par les rides et les
larmes derrière un éventail de cuir ou une ombrelle. Ma douleur m’appartient, plus rien ne compte désormais, mes larmes ont épuisé toute ma vie d’avant.


Amicalement,

Elisabeth