Delphine Le Brun
écrit à




L'Impératrice Sissi






Comment dirigez-vous votre royaume?



Le 5 décembre 2007, à Vannes

Madame l'Impératrice,

Je vous écris pour vous demander: comment dirigez-vous votre royaume?

Je vous pose cette question dans le cadre d'un projet scolaire sur le royaume d'Autriche, qu'on nous a proposé en 4e Mauve au collège Notre-Dame le Ménimur. Je tiens également à vous faire part de mon admiration pour vous. S'il vous plaît, envoyez-moi une réponse.

Veuillez, je vous prie, Madame l'Impératrice, accepter l'hommage de tout mon respect.

Delphine Le Brun, treize ans


Chère Delphine,

Vous serez probablement déçue d’apprendre que je ne gouvernais rien du tout. Ma seule implication politique a été de persuader mon époux d’accorder davantage d’autonomie à la Hongrie, ce qui fut fait en 1867 par la proclamation du Compromis austro-hongrois. Ce fut l’une des grandes réalisations de ma vie, et notre couronnement à Budapest en juin 1867 fut un merveilleux moment. Mais c’est l’empereur François-Joseph seul qui dirige cette vaste monarchie austro-hongroise. Depuis le Compromis, je me suis définitivement retirée de la politique. Je me contente d’observer de loin, de donner mon avis quand mon époux –rarement– me le demande. Mais je méprise tellement la politique, chère enfant, que je ne suis guère de grand secours. Les hommes, présomptueux, croient qu’ils dirigent les événements alors qu’en fait, ils sont toujours surpris par eux. Je peux cependant vous dire que la politique étrangère de mon époux est principalement dirigée vers la vallée danubienne, et que le Protectorat récemment acquis sur la Bosnie-Herzégovine deviendra probablement, à plus ou moins long terme, une annexion. Cela risque de créer des tensions avec la Russie et j’ai bien peur que ce ne soit dans cette région que naisse un jour un vaste conflit destiné à embraser toute l’Europe. Je me contente d’observer et de crier casse-cou à Franz, mais il ne m’écoute plus guère. C’est pourquoi je crains fort que tout cet empire ne s’écroule dès qu’il fermera les yeux, car c’est désormais le respect qu’il impose à ses peuples qui les tient unis. J’espère ne plus être là pour être témoin de la fin.

Amicalement,

Élisabeth