Ce qui vous motivait
       

       
         
         

F-L Ildiko

      Mély tisztelt Úrnö

Madame,

Dans votre enfance vous faisiez déjà de l'escalade, vous êtes devenue une cavalière redoutable, et votre entourage craignait vos marches exténuantes. Permettez-moi, Madame, de vous demander ce qui vous poussait à ce train effréné. Était-ce pour garder votre taille de guêpe que vous entreteniez avec un dévouement intense, presque fétichiste, selon les dires de la cour, ainsi que vos superbes boucles qui vous descendaient jusqu'à la taille. J'ai vu à Budapest, il y a quelques années, une collection impressionnante de vos robes d'apparat qui attestent une taille quasiment inhumaine... Était-ce les exigences d'une vie de cage dorée?

J'aurais aussi une question d'un autre ordre. Qu'est-ce qui, ou qui motivait, Madame, votre intérêt et votre influence déterminante dans la politique hongroise?

Mély tisztelt Úrnö

F-L Ildiko
         
         

Impératrice Sissi

      Enfin je peux échanger avec une âme de votre siècle!

Qu'est-ce qui me poussait à ce train d'enfer? Sans doute mon désir de liberté, de me dépasser. Il est vrai que je fus très préoccupée par mon apparence, par mon corps. Pour quelle raison? Je dois vous avouer que je fus longtemps anorexique. Un mal très peu connu au siècle dernier... Je ne compte plus les fois où mes dames d'honneur ont voulu me persuader de m'alimenter convenablement, mais ma peur de grossir l'emportait...

Votre question sur la politique hongroise me touche beaucoup. J'aime ce pays infiniment. Je me sens vraiment reine en Hongrie. Rien à voir avec l'Autriche. À la cour de Vienne, la vraie «impératrice», comme on me l'a souvent rappelé, c'était l'archiduchesse Sophie (la mère de mon époux). Les Hongrois sont fiers, braves, je les aime et toujours je me porterai à leur défense au sein de l'empire...

En espérant échanger d'autres propos avec vous

Sissi (Erzsebet)