Nancy
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

Bonjour Sissi

    Je n'en reviens pas de parler à la personne qui a le plus influencé ma vie depuis maintenant 38 ans.

Tant de bonté, de générosité et de charisme dans une même personne... Il est vrai que vous avez gagné le coeur de vos sujets de votre vivant, mais croyez-moi vous continuez à fasciner et à gagner le coeur de milliers de personnes encore aujourd'hui.

Mon rêve le plus cher serait d'aller à Vienne visiter votre demeure car je suis certaine que votre aura et votre coeur s'y trouvent toujours...

Merci de continuer à exister dans mon coeur...

Nancy

Chère Nancy,

Merci de tout coeur pour vos mots d’amitié. Ils me confortent dans ma certitude que ce sont les âmes du futur qui me comprendront le mieux. Pour mes contemporains, je ne suis qu’une excentrique, une souveraine qui néglige ses devoirs, une «étrange femme» ainsi que titrent les journaux. Mais vous que je ne connais pas, vous, âmes qui me lirez dans plusieurs années, voire dans des siècles, vous auxquels j’ai légué ce que j’avais de plus cher, mes poèmes dictés par le Maître Heine lui-même, je sais que vous me rendrez justice.

Ma chère enfant – je puis vous parler ainsi, puisque j’aurai bientôt 61 ans! – Si vous cherchez un endroit où mon coeur demeure à jamais, n’allez pas à Vienne. Vous pouvez y aller pour visiter les endroits qui me sont familiers, les somptueux et froids châteaux où j’ai vécu, mais aucun d’entre eux n’a été ma «demeure», si ce n’est la Villa Hermès, à Lainz, que François-Joseph a fait construire pour moi. Mon coeur est en Grèce. Mon coeur est en Hongrie. Mon coeur vogue sur les vagues écumantes, flottant avec Achille au-dessus des flots, mais mon coeur n’est décidément pas à Vienne. Oh, je sais, Vienne finira par me reprendre un jour. Vienne m’emprisonnera dans la crypte des Capucins, mais alors j’y reposerai à jamais près de mon fils, tout près de la fenêtre, d’où on entend pépier les moineaux.

Amicalement.

Élisabeth