Elysabeth
écrit à




L'Impératrice Sissi






Âme malheureuse errante



Chère Elisabeth,

Je vous écris sous un nom d'emprunt comme vous en avez, me semble-t-il, utilisé durant vos errances de par le monde. Je me trouve tant de points communs avec vous que je ne peux m'empêcher de vous écrire une seconde fois. Mon âme s'est perdue au milieu de foules, au milieu d'une vie que je ne veux pas vivre. J'ai toujours rêvé d'être quelqu'un d'autre, car je me déteste à un point que vous ne pouvez imaginer. Je vois en vous l'amie que je n'ai jamais eue, celle capable de me comprendre car vos sentiments profonds sont semblables aux miens. La vie ne vous a point épargnée; il en est de même pour moi, mais d'une autre manière, vu que dans mon siècle, les mariages arrangés ne se font presque plus en Europe et en Occident. J'aurais bien aimée, néanmoins, vivre à vos côtés à votre époque. Je rêve d'être princesse de Suisse car c'est le pays auquel je suis le plus attachée. Je n'y suis pas née mais je lui voue une admiration sans fin. Ma mère est née là-bas, mon père s'était fait naturaliser avant sa mort. Je souffre autant que vous, ma chère Sissi, car mon corps ne me plaît pas, sauf qu'à l'inverse de vous, je mange pour oublier que ma vie est un désastre, que je n'arriverai jamais à rien. Un jour, je retournerai sur vos pas. Je ne sais plus trop où j'en suis dans ma vie, ni qui je suis, ni où je vais. Je sais juste que j'ai besoin de votre étoile, de vous écrire et d'avoir de vos nouvelles pour aller mieux. Je sais ce que je vous ressentez car je ressens la même souffrance et la même mélancolie. J'aimerais que nos âme errent ensemble pour oublier à quel point nous nous sentons seules.

Aidez-moi, je vous en supplie,

Elysabeth