Sonia
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

À ma souveraine

   

A Erzsébet,

A Votre Majesté, à vous, cette femme forte et si fragile qui aimant tant la liberté, l'équitation, la poésie, les voyages et la Hongrie. D'ailleurs, Madame, le titre de reine vous va mieux que celui d'impératrice et puis cela a été une victoire que vous avez remportée sur l'archiduchesse Sophie (J'aurais aimé voir la tête qu'elle a faite en apprenant la nouvelle).

La Hongrie, les plaines qui s'étendent à perte de vue est devenue une seconde patrie, une terre de liberté~: chaque fois que vous partiez vous ordonniez que les portes de votre château de Gödöllö restent ouvertes, le plus beau poème pour moi est celui intitulé: «Oh! puissez-je vous donner votre roi» je pense et, Votre Majesté me dira si j'ai tort ou non, le comte Andrassy a été votre plus fidèle ami et votre confident un peu votre ange gardien. Je me souviens de la douleur que vous avez eue en perdant la princesse Sophie et tout un peuple a éprouvé cette douleur avec vous, la douleur de leur reine, leur Erzsébet. J'espère ne pas avoir trop dérangé Votre Majesté et un jour la voir lors d'un voyage ou qui sait peut-être à Gödöllö, prenez soin de vous, Madame, et ne changez pas .

Avec toute mon amitié,

Votre fidèle et dévouée amie

Sonia



Chère Sonia,

Vos mots d’amitié me vont droit au coeur. Certes, la Hongrie est toujours très chère à mes yeux. C’est là que j’ai vécu l’un de mes plus grands chagrins, mais c’est aussi là que j’ai connu mes plus grandes joies. L’intensité de certaines émotions, de même que l’amour que le peuple magyar m’a manifesté dès mes premiers contacts avec la Hongrie, tout cela m’a liée à ce pays plus sûrement qu’aucune couronne. Erzébet Kyráliné a bien vite supplanté Élisabeth d’Autriche.

Cependant, chère âme, depuis la mort de mon fils et le mariage de ma kedvesem, ma Valérie chérie, même Gödölö ne m’est plus un foyer. La mer est devenue mon domaine, et je ne suis plus désormais que la reine des vagues écumantes.

Amicalement.

Élisabeth