Jacques Offenbach
écrit à

   

Franz Schubert
Franz Schubert

     
   

Vos lieders

    Paris, le 8 janvier 1880

Mon bien cher confrère et (j'ose espérer) ami,

Vous que je n'ai pas eu l'honneur de connaître, il m'est enfin donné l'occasion de vous adresser quelques mots.
J'aime beaucoup ce que vous avez pu faire dans votre carrière. Vous ne me connaissez certainement pas car lors de votre «disparition» je n'avais que neuf ans. Mais, plus tard, après m'être attelé au violoncelle, j'ai orchestré six de vos lieders, dont j'apprécie les nombreuses qualités.

Je souhaitais vous témoigner, cher confrère, toute mon admiration de modeste musicien.

Avec tout mon respect, je m'incline et vous salue

Votre dévoué

Jacques Offenbach

Cher Monsieur Offenbach,

Le modeste musicien que je suis vous remercie humblement de ces compliments! Je suis pour ma part très heureux de recevoir cette missive de la part d'un musicien et compositeur de «notre siècle», et je serais très curieux d'entendre ces lieders que vous avez orchestrés. Desquels s'agit-il précisément? Vous savez peut-être que les lieders sont pour moi la base de mon inspiration musicale, et que c'est souvent grâce à eux ou à partir d'eux que j'ai pu bâtir, du moins mélodiquement, certaines oeuvres de plus grande envergure.

Je suis très honoré qu'ils aient pu vous inspirer aussi, à votre manière.

En vous souhaitant le plus grand succès dans votre vie musicale,

Bien à vous,

Franz Schubert.