Diapason
écrit à

   

Franz Schubert
Franz Schubert

     
   

Par-delà le temps et l'espace

   

Cher Monsieur Schubert,

C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai trouvé votre adresse et je m'empresse de concrétiser un minimum de toutes ces conversations que j'ai souvent avec vous. Vous êtes de mes amis les plus proches.

J'ai écouté, joué, chanté vos œuvres: j'ai goûté, intégré votre génie, j'ai reçu vos messages. J'ai analysé vos compositions: je sais la grande valeur de votre écriture.

En opposition avec cette opinion répandue que vous étiez malheureux, j'ai la certitude que vous avez été heureux. Quand on est un tel créateur, on est conscient de la valeur de ses créations, on est heureux, et c'est ainsi que je vous vois.

Cher monsieur Schubert, je vous aime.

Diapason


Cher (chère?) «Diapason»,

Merci pour votre douce lettre et vos doux compliments. Contrairement à ce que vous écrivez cependant, je n'ai aucune certitude d'être ce «créateur» que vous décrivez avec assurance et confiance. Je ne me reconnais pas, et ne voyez là aucune fausse modestie de ma part, dans la description que vous faites de moi, lorsque vous parlez de «génie» et de la «grande valeur» de mon écriture musicale. Car une chose seule est certaine: la musique m'anime, comme, je le pense et le souhaite, elle anime et continuera à animer de nombreux êtres. Pour le reste, tout n'est que doute, dans la vie comme dans l'art, et, en particulier, pour ce qui est du bonheur ou du malheur; ce sont là deux choses aussi fugitives l'une que l'autre. Le malheur profond, tout comme la félicité pure, ne sont-ils pas, après tout, des évènements rares en ce monde? D'ailleurs, est-ce beauté ou ironie que ce soit justement la musique, art fugitif entre tous, qui me permette d'exprimer le plus sincèrement ces tourments et ces joies?

Je vous laisse en vous remerciant à nouveau pour votre lettre.


Votre dévoué,

Franz Schubert