Gérard Lison
écrit à

   


Maximilien de Robespierre

     
   

Pour Jacques Chirac...

    Citoyen Robespierre, ou devrais-je dire «de Robespierre»,

Je vous écris pour essayer de comprendre ce qu'un homme qui a fait ce qui suit peut éprouver:

Trahi et fait assassiner son Roi et sa Reine.

Trahi et séquestré dans des conditions insalubres et finalement mortelles le dauphin rendu orphelin.

Trahi l'ensemble de ses complices et fait envoyer ou laissé envoyer ceux-ci à la guillotine.

Démoli complètement le prestige de la France en Europe pour au moins cent ans par une politique de Terreur et de guerre civile contre les sujets loyaux au défunt Roi et de guerres extérieures contre les monarchies européennes.

Saigné la France de ses forces vives par lesdites guerres qui ont préparé l'avènement de Bonaparte et donc encore d'autres guerres qui ont au total provoqué le massacre de deux millions d'Européens dont un million de Français.

Diffusé en France une idéologie égalitariste qui par l'intermédiaire de Gracchus Babeuf fera dans le siècle qui suivra le lit de l'idéologie marxiste léniniste stalinienne et permettra à Lénine et Trotski de mettre en place depuis la Russie un régime qui terrorisera le monde pendant 72 ans et fera 150 millions de morts et 15 mille milliards de dollars de ravages économiques.

Et tout ça pour quel acquis?

Jacques Chirac!

PAUVRE FRANCE



Citoyen Lison,

Dites-moi, si, tant qu'on y est, le naufrage du Titanic ou la démolition du Centre Commercial Mondial en Amérique sont aussi de ma faute? Non? Oh, vous m'en voyez rassuré!

Sincèrement, ce n'est pas un peu trop pour un seul homme? Et puis, pourquoi prendre mon humble personne comme le point de départ, et ne pas remonter la chaîne dans l'autre sens? Par exemple: tous les malheurs susnommés ne seraient certainement pas arrivés si Louis Capet ne s'était pas vu obligé de convoquer les États Généraux, et il ne se serait pas avisé de le faire si lui et ses augustes tyrans d'ancêtres ne s'étaient pas livrés à dilapider les deniers du peuple pour leurs extravagances et leurs folies, comme par exemple, le château de Versailles, et celui-ci ne serait certainement pas construit si… Je vous laisse continuer ce raisonnement superficiel, Citoyen, et je parie que vous finirez par faire des reproches à Jésus Christ. Le Dieu a toujours été le bouc émissaire par excellence.

Vous n'attendez pas, j'espère, que je vous donne une autre réponse. Les assertions que vous avancez sont d'une absurdité si énorme que s'abaisser d'y répondre sérieusement serait de leur accorder une parcelle de crédibilité qu'elles ne méritent guère.

La République ou la mort!

Maximilien Robespierre




Cher Monsieur Robespierre,

C'est avec plaisir que je vous signale que pour vous ce sera finalement la mort.

VIVE LE ROI



En voilà un avertissement étrange, cher monsieur! Je le pense bien, étant donné mon appartenance aux mortels; croyez-vous que pour vous il en aille autrement?

Vive la République,

Maximilien Robespierre




Cher Monsieur Robespierre,

Rassurez-vous, je pense que vous comprendrez assez vite ce que j'entends par là, vos amis vont bientôt vous offrir une solution définitive à vos problèmes de calvitie...
Vous aimez les puzzles?
Vive le rasoir national!
Vive le Roi

G Lison



Monsieur,

Je me dispenserai de vous répondre. Épargnez votre encre et allez colporter vos calomnies dans les tripots royalistes où elles seront acclamées à grands cris. Je n'ai point habitude de discuter avec les diffamateurs et je n'ai cure de vos invectives.

Vive la République,

Maximilien Robespierre




Cher Monsieur De Robespierre,

Je ne vous diffame pas: 30 Kg de bon acier républicain lorgnent votre nuque et vous êtes le seul à ne rien voir, à ne rien comprendre , à ne rien prévoir de ce que vos complices , enfin ceux que vous n'avez pas encore tués, sont en train de préparer pour vous.

Ce n'est qu'une question de temps.

Vive le Roi,

G Lison



Monsieur,

Cet échange n'ayant pas beaucoup de sens dès le début, en est devenu complètement dépourvu. Ne vous croyez pas obligé d'insister aussi lourdement sur vos fervents sentiments royalistes, ils sont certains et indubitables, mais qu'en ai-je à faire? Des missives empoisonnées semblables à la vôtre, j'en reçois régulièrement depuis que je combats les intrigants et les ambitieux et défends le peuple et l'instruis de ses droits. Vous m'excuserez, je l'espère, de devoir laisser celle-là et toutes celles que bon vous semblera de me faire encore parvenir, sans réponse. Je m'en servirai pour faire du feu dans ma cheminée.

Maximilien Robespierre



Qui Mourra Verra! et Adieu

Amicalement,

G Lison