Gaëlle
écrit à

   


Maximilien de Robespierre

     
   

Mr de Saint-Justr

    Cher Monsieur de Robespierre,

Tout d'abord, je voulais vous dire que je vous admire, car vous avez sans aucun doute sauvé la Révolution! Je voulais vous poser une question au sujet de votre ami M. de Saint-Just (que j'admire aussi beaucoup). Je voulais savoir s'il a été votre plus fidèle ami et comment vous vous êtes rencontrés (si ce n'est pas trop indiscret).

Je vous remercie d'avance pour votre réponse,

Je vous souhaite une bonne journée, ainsi qu'à M. de Saint-Just.

Avec toute ma reconnaissance,

Citoyenne Gaëlle



Chère Citoyenne,

Je n'aurai pas sans doute, assez de mots pour vous décrire les qualités du citoyen Saint-Just, je l'admire profondément et soyez assurée qu'il ne peut y avoir aucune raison de mettre en doute la sincérité de l'amitié dont il m'honore.

Il est difficile à expliquer comment se nouent ces relations d'entente et de confiance, comment naît ce sentiment d'attachement fraternel qui est l'amitié. La nôtre est née certainement le jour où Antoine était venu me voir chez moi pour la première fois, peu avant l'ouverture de la Convention où il a été élu député; ainsi je dois sa connaissance à son insistance et son chaud intérêt pour ma personne, à ne point confondre avec une vaine curiosité. Deux ans auparavant, il m'avait adressé un courrier enthousiasmé me demandant de soutenir les intérêts de sa commune, courrier auquel je n'ai pas répondu, faute de loisir, quoique j'aie appuyé sa demande auprès de l'Assemblée. Lorsque nous nous sommes vus, j'ai été frappé par son ardeur et la pureté de ses convictions. Il m'a parlé de la lutte pour les droits du peuple qu'il a menée dans sa province, de son dévouement pour la cause de la révolution, des idées qu'il avait conçues sur l'avenir du pays… Ses idéaux, c'étaient les miens, mon combat, c'était le sien, la flamme ardente qui brûlait en lui, je la sentais qui m'éclairait. Et je sais aujourd'hui que je ne me suis pas trompé.

Je me permets d'arrêter mes confidences sur cette note sincère, et vous offre, Chère Citoyenne, l'assurance de mes meilleures salutations,

Maximilien Robespierre