Citoyen Maurice
écrit à

   


Maximilien de Robespierre

     
   

Magnifique et merveilleux Maximilien que j'admire

    Magnifique et merveilleux Maximilien que j'admire...

Merci à toi.

Nous te devons la page la plus glorieuse et la plus vertueuse de notre histoire de France. Ces derniers temps, j'ai pas mal écrit à «Louis Antoine Saint-Just» sur le site Dialogus. Il est absolument super ce petit. Mais pour toi, je ne t'avais pas encore envoyé de missive. Quelle injustice! Maintenant voilà qui est fait.

A mon sens, tu es (toi et ceux qui te ressemblent) le plus grand héros de tous les temps. Grâce à toi, la France stupéfaite découvrait la grande liberté et les droits de l'homme. Auparavant, on n'aurait même pas osé en rêver. Le monde entier en était tout étonné, choqué, et nous, les Français, nous avons montré à tous les peuples l'exemple à suivre. C'est un honneur d'être français, et d'être «robespierriste». Je ne fais pas de culte de la personnalité, je reconnais seulement les faits.

J'ai quand même une question à te poser. Quand tu étais jeune avocat, tu étais contre la peine de mort.
Moi aussi je suis contre. Mais alors dans ce cas, que penses-tu du tribunal révolutionnaire qui, avec Fouquier-Tinville en tête, en a très largement usé? (de la peine de mort).

N'y a t-il pas là une énorme contradiction? La République se sentait-elle obligée de condamner à mort les prisonniers politiques, les royalistes, les conspirateurs, les ci-devants, les corrompus, et autres scélérats contre-révolutionnaires, même s'ils le méritaient?

Ne pouvait on procéder autrement? Pourquoi ne pas avoir plutôt tenté une méthode de rééducation civique à grande échelle? (par exemple) La Convention n'en avait peut-être pas les moyens matériels.
Je ne te juge pas, toi et tes comparses, mais je déteste voir le sang couler, même si c'est un sang malsain et pourri.

Salut et fraternité. Bien à toi.

Le citoyen Maurice

Citoyen,

Je n'ai pas seulement été contre la peine de mort dans mes jeunes années d'avocat, mais je le suis toujours et j'ai eu l'honneur d'en demander l'abolition à mes collèges de la Constituante. Je me suis déjà prononcé à plusieurs reprises sur ce sujet au sein de Dialogus, et je doute qu'il soit utile de me répéter longuement.

De même pour le tribunal révolutionnaire; tu n'ignores certes point, Citoyen, les circonstances terribles qui ont causé sa création. La situation aurait été ô combien différente en temps de paix, quand, effectivement, la République aurait disposé de la force et de l'assurance nécessaires pour mettre quelques scélérats isolés hors d'état de nuire sans les priver de vie. Mais en temps de guerre, la Patrie étant constamment et quotidiennement en danger de mort, attaquée par les armées des tyrans, menacée par les contre-révolutionnaires, sapée par leurs lâches alliés, les traîtres, nous n'avons pas le choix: nous nous devons d'être terribles pour éviter au peuple de l'être.

Salut et fraternité!

Maximilien Robespierre