Sandrine
écrit à

   


Maximilien de Robespierre

     
   

Lucille

   

Tout d'abord, je tiens à préciser que je suis du côté de la Révolution; mais il y a certaines limites que je ne peux tolérer! Pourquoi avoir accusé Lucille Desmoulins à tort? Si elle vous faisait peur, qu'est-ce qu'elle aurait pu faire sincèrement? Vous lui aviez déjà pris son mari (là, je ne vous pardonnerai jamais!) et ensuite il vous fallait sa vie!

Sandrine


Mademoiselle,

Je voudrais bien avoir votre assurance de décider, quelques siècles plus tard, qui était accusé à raison et qui l'était à tort à mon époque, quoique je doute fort que vous démontriez la même lucidité de jugement dans les affaires qui vous sont contemporaines. Ne possédant guère une telle intuition, je laisse le soin de faire ce tri au tribunal révolutionnaire, seule autorité compétente en la matière.

En outre, je tenais à vous faire savoir que mes actes ne sont pas dictés par la crainte de mécontenter telle ou telle personne, telle que vous, mais uniquement par le salut du peuple et de la République. Certes, ce sera très dur de vivre sans votre pardon, mais je pense qu'avec un peu de chance, j'y arriverai.

Vive la République!

Maximilien Robespierre