Sylvie
écrit à

   


Maximilien de Robespierre

     
   

Les animaux et l'écologie


  Citoyen,

Je sais ton amour pour les animaux et plus particulièrement pour les chiens. Brount est-il un chien de chasse du genre épagneul, ou bien un labrador? À moins que ce ne soit un berger allemand. J'aime les animaux et je possède actuellement une petite chatte très intelligente, adorable et très sympathique, répondant au nom de Tigrette. Aimes-tu à part les animaux domestiques, les chevaux, les ânes, les moutons, les singes? Que penses-tu du message écologique pour le maintien et la préservation des espèces animales, végétales et florales qui se répand partout dans l'opinion?

Merci de ta réponse.

Salut et fraternité.

Sylvie

Citoyenne,

Je suis légèrement surpris par l’intérêt que la postérité semble porter à mon chien Brount. J’avoue qu’il m’importe bien peu sa race quoique d’après ce qu’on m’a dit, ce serait un «terre-neuve».

Pour reprendre ta question, je suis comme tu le sais, d’esprit doux et paisible et considère avec bienveillance tous les animaux même si je ne souhaiterais pas me retrouver tête-à-tête avec un bon nombre d’entre eux. Cette nécessité d’appel, lancé dans votre société, pour la conservation des animaux, me paraît étrange. N’est-ce pas une folie que de vouloir le contraire? Les hommes à votre époque ne peuvent être bêtes au point de ne pas le comprendre. L’humanité n’a aucune raison de vouloir anéantir la faune et la flore et de faire la guerre à la nature alors même que sa propre conservation en dépend.

Salut et fraternité!

Maximilien Robespierre

Citoyen,
 
Hélas si tu savais, citoyen Robespierre, ce que les hommes sont stupides! Ils détruisent de belles forêts, polluent l'atmosphère avec le pétrole et ses dérivés, provoquent la fonte des glaciers de l'hémisphère nord (au Groenland, en Arctique) et de l'hémisphère sud (en Antarctique) et contribuent à la disparition d'espèces animales (otaries, caribous, ours polaires, manchots, pingouins, loutres, renards argentés, rennes). Avec la consommation à outrance de l'industrie automobile, l'exploitation des forages pétroliers partout dans le monde (en Arabie Saoudite, dans la région du golfe persique, aux États-Unis, en Amérique latine), la vie animale et florale est en train de s'amoindrir. Même le soleil qui brille au-dessus de nous est condamné à mourir un jour. Mais la folie des hommes n'a pas de limite. Ces conséquences sont désastreuses. Les océans sont en train de recouvrir les terres. Les rivières débordent et les inondations se multiplient. On construit des immeubles dans des zones inondables, on laisse des campeurs à proximité de rivières souvent dangereuses. Les séismes se multiplient également (en Italie il y a quinze jours et en Californie ce matin). Heureusement que chez moi, en Normandie (malheureusement divisée en Haute et Basse, mais il y aura bientôt réunification et dès lors, on se retrouvera entre Normands) rien de grave ne se passe. Les Normands sont quand même un peuple réfléchi et sérieux. Toutefois, avec cette destruction programmée de l'environnement on assiste à des réactions émanant de quelques hommes intelligents qui veulent préserver la nature en consommant moins et en réduisant l'effet de serre (le CO²). Ils veulent des véhicules qui roulent à l'électricité, au gaz ou à l'hydrogène (au moyen d'une pile à combustible). Comment réagis-tu au fait que les peuples industrialisés dénaturent l'environnement, détruisent les espèces animales et suscitent des réactions de rejet parmi les peuples dits primitifs?

Bonjour à Brount que j'aime beaucoup. Caresse-le pour moi. J'ai eu aussi un chien autrefois, un épagneul breton (genre springer irlandais) qui lui, s'appelait Kojak (nom d'un personnage d'une série américaine que j'apprécie) et vivait en parfaite harmonie avec mes chats. Maintenant, je suis avec une petite chatte très intelligente et qui sait même tirer la chasse d'eau des toilettes avec ses pattes blanches.

Cordialement, salut et fraternité.
 
Sylvie


Citoyenne,

La lecture de ton message me fait hésiter entre deux tristes possibilités.

Ou bien les hommes de ton époque sont, en majorité, des sauvages pires que ceux qui peuplaient jadis les forêts de la terre, car au moins ces derniers étaient proches de la nature et vivaient en harmonie avec elle. Mais ceci signifierait que le progrès n’existe pas, ce que je ne puis admettre car tout m’inspire l’espoir du contraire: l’évolution des sciences et des mœurs, et ce merveilleux retour à la raison et aux principes des droits de l’humanité dont nous sommes tous témoins depuis le début de notre révolution.

Ou bien ce n’est qu’une infime minorité de l’humanité, un groupe des vils individus qui se conduit en barbares, tels que tu les décris; mais alors pourquoi les peuples les ont laissés faire et les laissent encore faire, et qu’attendent-ils pour mettre fin aux méfaits de ces égoïstes dangereux et stupides?

En outre, je n’oublierai point de caresser Brount en rentrant, et je le ferai autant pour toi que pour moi.

Salut et fraternité!

Maximilien Robespierre