Le 6 mai! Bon Anniversaire!
       

       
         
         

Elena Rudenko

      Mon cher ami!

Bon anniversaire!

Je vous admire! Vous êtes le meilleur! Vous avez plus de femmes admirateurs, que les étoiles du Hollywood!

Comment passez-vous votre l'anniversaire? Que faites-vous?

Je préparé le cadeau pour vous! J'écris les romans détectives! Vous êtes l'enquêteur dans mes romans! Mon roman «THE RIDDLE OF ERMENONVILLE» a été traduit en anglais. Je vous envoie mon roman avec mes illustrations. Bonne lecture. Pardonnez-moi les erreurs.

Mes meilleurs souhaits,

Elena Roudenko,
la Russie
          
          

Robespierre


 
Chère Citoyenne Elena,

Merci pour vos souhaits pour mon anniversaire, je suis ravi d'apprendre qu'on s'en souvienne même dans lointaine Russie... Merci pour le cadeau, je n'avais jamais rien eu de pareil et aussi pour les compliments dont vous avez eu la gentillesse de me gratifier. Je suis confus d'en avoir autant à la fois, surtout que je ne le mérite point. Je ne suis pas en prétention envers les stars d'Hollywood, tant que mon «étoile» reste avec moi.

N'en voyez aucune offense, Citoyenne, je vous en prie, mais j'ai peur de ne pouvoir lire votre roman, car je ne connais point l'anglais, et n'ai guère de loisir à consacrer à la belle lecture. Puis, je serai plutôt sceptique de me voir paraître dans un roman, en tant qu'enquêteur en plus. Je ne suis pas sûr que cela me plaise. Sans fausse modestie, avant de voir les dessins qui ornent votre composition, je me flattais d'être différent... Néanmoins, je ne me sens pas disposé de vous réprimander.

Vous voulez savoir, Citoyenne, ce que j'ai fait le jour de mon anniversaire. Vous comprendrez que les affaires publiques et l'état d'accablement et de fatigue où me mettent mes pénibles occupations, ne m'invitent point à faire de festins. Évidemment que mes proches m'ont félicité très chaleureusement à cette occasion. Mais mes deux chers amis, partis en mission, me manquent. Le temps, quoique sans pluie et assez doux, mais couvert, ne m'égaye pas non plus.

J'ai passé une journée de travail. J'ai assisté à la séance du Comité, où il y avait des affaires quotidiennes à régler, les courriers, les rappels, la mise en place des commissions récemment formées, tant d'autres choses... J'avais surtout à parfaire un rapport très important sur les idées morales et religieuses dans notre république que j'ai présenté le lendemain à la Convention. J'ai placé énormément d'espoir dans ces mesures, et j'espère qu'elles apporteront l'apaisement à la France. Je ne vous cacherai point, Citoyenne, que leur accomplissement serait le plus beau et désiré cadeau pour mon anniversaire.

Avec mes salutations fraternelles,

Maximilien Robespierre