Sylvie
écrit à

   


Maximilien de Robespierre

     
   

J'ai un ami qui ne pense qu'à son peuple seulement

   

Citoyen,

J'ai un ami allemand qui vit à Berlin et ne pense qu'à son peuple. Il aimerait vous rejoindre mais ne le peut actuellement, car la guerre est aux portes de sa ville. Il est inquiet et sait que ses jours sont comptés. Quel genre de conseils pourrais-tu lui donner pour qu'il résiste à l'ennemi (il vient de l'Est)? Ses proches lui conseillent de continuer à lutter jusqu'au bout. Que faire? Il ne pense qu'à son peuple et veut mourir près de lui. Il est sincère. Ton aide lui serait précieuse. Pourrais-tu te déplacer jusqu'à Berlin pour le secourir? La jeunesse le soutient, la population aussi.

Salut et fraternité,

Sylvie


Citoyenne,

Sans vouloir t’offenser, ta question me fait rire: me crois-tu donc un magicien doté des pouvoirs super-naturels qui me permettraient de voler à travers le temps et l’espace au secours d’un opprimé? Et qu’irais-je faire à Berlin, fichtre? Secourir quelqu'un dont personne à part toi, ne peut m'attester l'attachement à la liberté? Serait-il donc digne de ce secours, aussi piètre puisse être celui d'un seul homme comparé au soutien assuré de «la jeunesse et la population» dont tu parles?

Je ne sais pas quel est l’ennemi qui menace ton ami mystérieux à Berlin, mais le nôtre est cependant bien réel: c’est l’Autriche et la Prusse qui nous font la guerre, cette guerre qui est aux portes de nos villes à nous, au moment même où tu t'amuses avec des questions futiles. Aussi, ton ami n'a qu'à imiter l’héroïsme du peuple français qui est prêt à mourir pour défendre sa patrie mais qui aimerait encore mieux vaincre et vivre en paix.

Salut et fraternité, Citoyenne,

Maximilien Robespierre