Général Rossignol
       

       
         
         

Adrien Bélanger

      Maximilien bonjour, 

Avec le recul du temps, ne penses-tu pas qu'il aurait été bien de garder auprès de toi, à Paris, un citoyen brave et honnête, c'est-à-dire un homme de terrain tel que le futur général Rossignol plutôt que de l'envoyer en Vendée? 

Je crois savoir, contrairement à tes détracteurs, que tu ne décidais pas de tout, ceci n'est donc qu'une réflexion car on ne refait pas l'histoire. 

Merci pour ta réponse prochaine. 

Salut et fraternité. 

Adrien Bélanger
         
         

Robespierre

      Citoyen Adrien bonjour,

On ne refait pas l'histoire, effectivement. Mais je ne saurais point être égoïste et servir mes intérêts personnels avant ceux de la Patrie. Notre armée, nos soldats si lâchement trahis, constamment, avaient bien plus de besoin que moi d'avoir auprès d'eux un vrai général patriote, ne faisant qu'un avec le peuple. Or, citoyen Rossignol, vainqueur de la Bastille, patriote ardent et zélé, en était un. Au courant de la cabale injuste dont Rossignol a été victime en Vendée, c'est avec joie que je l'ai vu être lavé de tout soupçon et glorifié devant l'Assemblée. Du fauteuil du Président, j'ai eu le plaisir sincère de saluer son courageux civisme et de lui donner une accolade fraternelle. 

Ma foi, je suis satisfait de savoir aujourd'hui qu'il a pu retourner combattre les ennemis de la République avec une détermination qui est la sienne, tant bien que mal. Malgré les malheurs qui le frapperont par la suite, je me plais à penser que l'histoire telle qu'elle s'est déroulée, a épargné le citoyen Rossignol de désagréments bien pires, l'ami du peuple sincère qu'il fut, ce que je ne pourrais peut-être pas garantir s'il était resté à Paris.

Bien à vous,

Maximilien Robespierre


 



 

Adrien Bélanger


 
Bonsoir citoyen Maximilien,

Je te remercie de cette réponse désintéressée qui t'honore. Rossignol aura toujours été considéré comme un «Jacobin» avec une réputation d'homme au caractère bien trempé qui le fait se révolter à la moindre injustice. C'est la raison pour laquelle tout au long de sa vie il subira, entre autres mauvais traitements, des emprisonnements puis l'exil.

Rossignol, était un homme d'actions plutôt que de beaux écrits et de belles paroles. (Quoique... Contrairement à ce que disent ses détracteurs et les contre révolutionnaires, Rossignol n'était pas un illettré car même si sa mère était pauvre et veuve elle le scolarisa dans deux écoles jusqu'à l'âge de onze ans puis, durant un peu moins d'une année il continua à apprendre l'écriture chez un nommé Gourméra, Maître d'écriture et chez un Maître d'école nommé Roland et, plus tard il donnera lecture des journaux à ses amis et/ou hommes (illettrés eux) et il laissera ses «mémoires» sur des cahiers dont certains ont d'ailleurs été détruits par Fouché).

Il restera toujours et viscéralement un Ouvrier des faubourgs. Il était de cette race d'hommes qui ne voulait plus courber l'échine, qui n'obéissait plus passivement et qui ne voulait agir qu'en homme libre et indépendant. J'imagine, qu'à la fin de sa vie, il devait penser (sans pouvoir l'exprimer aussi bien que Saint-Just): «Que le bonheur était une idée neuve!».

Un «chantier» dont Rossignol a été l'un des premiers Ouvriers!
Jean Jaurès déclara:
«On va réveillant les morts et, à peine réveillés, ils vous imposent la loi de la vie, la loi étroite du choix, de la préférence, du combat, de l'âpre et nécessaire exclusion...
Avec qui es-tu? Avec qui viens-tu combattre et contre qui?
Je suis avec Robespierre et c'est à coté de lui que je vais m'asseoir aux Jacobins».

J'imagine mal que quelqu'un puisse douter un seul instant que Rossignol n'est pas actuellement aux Jacobins!

Salut et fraternité!

Adrien Bélanger


 



 

Robespierre


 
Bonjour, citoyen Adrien,

Je me réjouis à l'idée que la mémoire d'un patriote pur et fidèle à ses idéaux fraternels, qui fut le citoyen Rossignol, est précieusement gardée par la postérité. C'est en elle seule qu'un ami du peuple persécuté et assassiné pour ses idées généreuses, puisse trouver l'asile et la consolation ô combien douce, c'est dans son sein qu'il puisse survivre des calomnies atroces dont ces meurtriers l'ont chargé.

Je te témoigne, citoyen, toute mon estime,

Salut et fraternité,

Maximilien Robespierre