Et Desmoulins alors?
       

       
         
         

JM Chevallier

      Franchement Desmoulins n'était pas si dangereux que ça et vous auriez pu facilement le retourner dans votre camp. Le guillotiner c'était déjà une grosse erreur alors pourquoi avoir en plus éxécuter sa femme Lucile en l'accusant -à tort- d'un complot qu'elle n'a jamais projeté? Elle ne représentait aucune menace pour votre gouvernement et en plus elle était la mère d'une petite fille...

Pendant que j'y suis -on ne peut pas poser des questions tous les quatre matins à Rosbespierre -que pensez-vous de la restauration de la monarchie par Louis XVIII en 1815?
          
          

Robespierre


 
Citoyen,

Sachez que Desmoulins était libre d'épouser la cause de tous les patriotes qui est aussi celle du gouvernement révolutionnaire, ou de se joindre à une clique qui poursuit le but de détruire ce gouvernement et attaque donc la révolution jusque dans ses défenseurs les plus dévoués. Son choix, il l'a fait. 

Dieu m'est témoin que j'ai pris maintes fois sa défense, lui ai montré un chemin à suivre, lui ai recommandé d'abandonner ses mauvais conseillers. Mais je n'ai pas pour mission de ramener à tout prix les traîtres et les hommes publics indignes sur le droit chemin. Nul ne saurait être indulgent éternellement pour ceux qui, loin d'écouter des avertissements amicaux, persistent dans leurs mauvaises intentions.
Dès lors, à la justice de s'en charger; quel que soit mon ressentiment personnel, je n'oserai jamais le lui opposer. De même, comment innocenter la Citoyenne
Desmoulins, effectivement mère d'un petit garçon, qui cherche à monter un complot pour sauver son époux? Je comprends sa douleur, mais est-ce qu'elle lui permet d'entraver la loi, de défier la justice? Il faut se rendre à l'évidence aussi pénible qu'elle soit, et accepter qu'elle s'est condamnée elle-même.

Que puis-je penser de la restauration? En 1815, on a vu un usurpateur dénommé Bourbon remplacer celui dénommé Bonaparte. La monarchie est revenue en 1804,
non en 1815, ne nous leurrons point.

En espérant avoir répondu à vos interpellations,

Maximilien Robespierre