Lettre d'acceptation
de Robespierre
à l'Éditeur
       

       
         
         

Robespierre

      Citoyen,

Le citoyen Saint-Just, pour qui le bonheur  n'est
décidément pas la seule idée neuve en Europe, m'entreprend à propos de ton club un peu particulier, m'en garantissant la qualité des différents orateurs et des sujets qu'ils débattent, et vient à ce sujet de m'envoyer un courrier. Ses missions dans les départements l'empêchant trop souvent d'être assis face à son écritoire, il me prie en termes affectueux de me consacrer quelque peu à cette tâche de nature à répandre les sentiments patriotiques et la haine des tyrans.

Une révolution, serait-elle virtuelle, n'est complète qu'à la condition d'avoir aboli jusqu'aux derniers vestiges de l'oppression. Ceux-ci ne m'apparaissent pas encore absents de certains des propos tenus par quelques-uns des intervenants, connus ou inconnus de moi. L'âpreté d'un combat ne m'a jamais fait peur, et si à l'inverse de ce que certains médisants proclament volontiers, je ne me prends point pour l'Être suprême, auquel nous avons consacré une fête dont la réussite, je le sens bien, n'a pas convaincu les athées stupides ou les libertins irreligieux, du moins mettrai-je, si tu le permets, citoyen, mon dévouement et mes forces à assurer, par mes réponses et commentaires, le triomphe de la vertu et l'établissement de la révolution.

Liberté, égalité, fraternité ou la mort.

Robespierre