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Matthieu Joly Desgouilles  
écrit à

Arthur Rimbaud


Votre vie et vos œuvres


   

Cher monsieur Rimbaud,

Je suis en classe de quatrième et je m'intéresse particulièrement à vos différentes œuvres.

Permettez-moi de prendre quelques minutes de votre temps précieux. Lorsque j'ai découvert votre souffrance au cours de votre enfance, j'ai admiré votre réussite, qui est pour moi un exemple à développer. J'ai lu et étudié votre histoire à partir d'un récit vous concernant, «Le voleur de feu», qui m'a passionné. Pourriez vous me dire si l'oiseau Baou a réellement existé dans votre vie? Était-il un compagnon? Un animal familier?

D'autre part, j'aurais voulu savoir de quelle façon vous avez réussi à faire reconnaître votre talent, et à faire éditer vos œuvres.

J'imagine que votre parcours a dû être long et difficile. Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ma lettre et des précisons que vous donnerez.


Dans l'attente de votre réponse, je vous prie de croire, cher monsieur, à mes sentiments respectueux,


Matthieu Joly Desgouilles


Cher monsieur,

Votre lettre m'a ramené des années en arrière à ma propre année de quatrième...

C'est tout naturellement avec plaisir que je vous réponds. Je ne connais pas le récit dont vous parlez ni cet oiseau, dont j'imagine qu'il s'agit d'une licence poétique ou romanesque, une métaphore de la création poétique. Je ne me représentais certes pas la Muse sous les traits d'un oiseau, mais après tout, pourquoi pas! Il ne s'agissait pas, en tout cas, d'un animal familier, je n'en ai jamais eu.

Pour ce qui est de la diffusion de mes œuvres, je vivais à une époque où les écrits étaient reconnus, et où il fallait faire partie de cercles pour se faire connaître et éditer. J'ai donc envoyé mes vers à des poètes renommés, et ai fini par me faire un nom (de si mauvaise réputation!) dans ce milieu. Mes travaux suivants, par contre, du fait de leur aspect atypique (la prose rebute certains poètes...) ont été plus compliqués à publier, et je n'ai pu le faire qu'à compte d'auteur. Je compte aussi des admirateurs parmi mes amis, qui ont passé outre les ordres de brûler mes textes et les ont fait paraître. Au vu des lettres que je reçois, je dois en conclure (et j'ai honte d'en être heureux!) qu'ils ont bien fait!

Bien à vous, jeune homme et bon courage.

Rimbaud

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